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lundi 12 juin 2006

Projet - Page de garde



Voyage Zellidja : 20 juillet – 29 août 2006





WIACEK
Benjamin

Projet - Description

Introduction :

Pour la plupart, les premières images qui viennent à l'esprit quand on parle de l'Egypte, ce sont les Pyramides, les temples de Louxor, Karnak, ou Abou Simbel, la Vallée des Rois, ou encore le masque de Toutankhamon.... Bref, tout est référence à la grandeur de l'Egypte Ancienne. Passionné depuis bientôt 9 ans par cette civilisation, j'approfondis sans cesse mes connaissances sur ce thème si cher à mes yeux. Mais l'Egypte c'est plus qu'un passé glorieux, c'est une histoire riche, de l'Antiquité à nos jours, une culture passionnante, un immense potentiel de croissance, et le peuple le plus hospitalier qui soit. Alors, découvrons le voile, et admirons cette richesse qui s'offre à nous. Ce voyage, ce projet, c'est ma manière de vous emmener dans un pays merveilleux, de vous faire partager ma passion pour ce pays, et de vous faire découvrir des facettes souvent inconnues du grand public...

Présentation personnelle :

Je m'appelle Benjamin, j'ai 19 ans, et je suis actuellement en classe préparatoire scientifique, à Dijon. Je ne sais pas encore réellement quel sera mon futur domaine professionnel, mais je souhaite plus que tout avoir un travail qui m'amène en Egypte, pourquoi pas travailler sur place et m'y installer ? J'ai eu la chance de pouvoir faire une croisière d'une semaine, il y a 4 ans, mais c'était une visite "classique" avec tous les inconvénients que peut présenter un voyage organisé. Ma passion pour l'Egypte m'a conduit à participer à un projet extraordinaire (le Projet Rosette) qui vise à créer une aide à la traduction des textes hiéroglyphiques, par ordinateur... Pour résumer, l'Egypte, c'est toute une partie de ma vie ! A côté de ça, la prépa me laisse assez peu de temps libre, juste un peu pour souffler de temps à autre, et me consacrer à ma passion (j'ai débuté l'apprentissage des hiéroglyphes...)

Motivations :

Pourquoi voyager seul :

Il est vrai que beaucoup ne se risqueraient pas à partir seuls dans un pays inconnu. Mais je trouve au contraire que c'est une très bonne chose. Sachant parfaitement que sur une longue durée, on ne peut s'enfermer et rester dans sa bulle, je serai alors obligé d'approcher les autres... Un contact humain plus facile, et plus riche. En bande, nous aurions tous parlé entre nous, en français, et cela n'aurait été qu'un simple voyage touristique. Or là, c'est une façon de s'intégrer au pays d'accueil. Et pour les autres, il est plus facile d'accepter une seule personne qui vous aborde qu'un grand groupe : j'aurais beaucoup plus de facilité à gagner la confiance de certains si je suis seul.... Et puis, cela peut aussi être l'occasion d'une recherche intérieure ; je pense que l'on peut apprendre beaucoup de soi-même en voyageant ainsi. Qu'il y ait des moments difficiles ou non, ça fera partie de l'aventure, et ils contribueront à apporter une plus grande richesse au voyage.

Pourquoi voyager avec Zellidja :

Quand j'ai entendu parler de l'association, je me suis tout suite dit que c'était génial, mais qu'il devait y avoir une contrepartie. Or, tout ce qu'on demande, c'est le partage : offrir aux autres tout ce que l'on aura pu découvrir, ressentir, durant cette merveilleuse expérience... Et j'aime beaucoup cette philosophie. De plus, le fait d'avoir un thème d'étude donne un but réel au voyage, et me motive encore plus. J'ai envie d'apprendre, et de restituer tout cela. Je dois aussi organiser le voyage méthodiquement, en fonction du thème choisi, et non en fonction des piscines ou des plages des hôtels d'accueil... Réfléchir à la manière par laquelle, sur le terrain, je trouverai les éléments d'argumentation, et les principales réponses au sujet choisi. Zellidja est une expérience unique pour les jeunes : devoir tout préparer seul, se débrouiller sur place, dans un pays inconnu et lointain, c'est quelque chose que peu ont l'occasion de faire ! Et j'ai envie de faire partie de ceux-là... Sortir du quotidien, et se trouver face à des situations nouvelles, réagir en conséquence, rencontrer des gens, nouer des liens, apprendre, voyager, rêver, mûrir... c'est tout cela l'esprit Zellidja, et c'est pour ça que je souhaite pouvoir partir de cette manière !

Pourquoi ce sujet :

J'ai décidé de concentrer mon sujet sur le nord du pays pour plusieurs raisons : tout d'abord, le pays est vaste, et je n'aurais pas eu le temps, en un mois, de couvrir la totalité du territoire. De plus, nous serons en été, et la chaleur est très forte dans le sud... et j'aurais donc dû limiter mes activités de la journée. Enfin, il est beaucoup plus simple de se déplacer dans le nord – il y a un réseau routier partant du Caire, très important – et il y a aussi plus de variétés dans les sujets à étudier : le Caire pourrait faire à lui seul le thème d'une étude. L'Egypte est un pays aux multiples facettes, riche en contrastes, et haut en couleurs... Je souhaite montrer toutes ces différences, approfondir et faire partager ma connaissance de ce pays, car je pense que beaucoup ne connaissent l'Egypte qu'à travers l'héritage – fabuleux, il est vrai – que nous ont laissé les anciens égyptiens, mais beaucoup moins avec le point de vue actuel. Or entre la vie de ceux qui vivent grâce au tourisme, ceux qui sont proches d'un mode de vie occidental, ceux qui au contraire, reviennent vers leurs plus anciennes traditions, je serais tenté de dire qu'il y a plusieurs Egypte ! Mon objectif est de faire un parallèle entre l'image traditionnelle de l'Egypte, et les différentes réalités d'aujourd'hui... Je compte commencer par les différentes religions, car malgré une majorité de musulmans (plus de 82%), il existe toujours une minorité chrétienne en Egypte (copte orthodoxe, mais aussi protestante), qui survit tant bien que mal depuis plus de 2000 ans. En effet, les premières communautés chrétiennes sont apparues dès le 1er siècle, à Alexandrie, et se sont répandues dans le pays – il faut savoir que l'Egypte est le premier pays à avoir été dominé par la chrétienté ! Mais depuis l'invasion arabe au VIIe siècle, le nombre de chrétiens a sans cesse diminué, en partie à cause des persécutions, et autres maltraitances... Encore aujourd'hui, il subsiste des ségrégations religieuses dont sont victimes les chrétiens. Ensuite, relier cette partie aux différentes populations qui vivent dans le pays, et qui sont à l'origine de ses nombreuses facettes : je prendrai, entre autres, l'exemple des berbères dans l'oasis de Siwah, ainsi que certaines minorités (reparler des coptes). Car il est évident que les minorités ethniques sont à mettre en parallèle avec des minorités religieuses. Enfin, je déboucherai, à partir de ces deux parties, sur les modes de vie, variant avec les régions et des structures socio-économiques. Les deux précédents aspects ont des conséquences directes sur le mode de vie, bien que tout ne soit pas lié non plus. J'essayerai donc de faire le tour du sujet, en prenant pour exemple les différents comportements face au tourisme : ceux qui vivent uniquement de ça, les petits artisans qui vivent à côté, et qui ne sont pas aussi dépendants, et enfin ceux qui sont complètement hors du tourisme (je pense aux habitants des oasis), et qui n'ont rien changé à leur mode de vie depuis des millénaires...!

Itinéraire / calendrier :

Lieux :

Le Caire est incontournable ! Capitale de plus de 18 millions d'habitants (si on englobe l'agglomération), c'est la plus grande mégapole du monde arabe. Ville incroyable, à l'activité incessante, tel le flux de sa circulation urbaine... Et à l'image du pays, elle possède de multiples facettes, mille et un visages... Je prévois donc d'y passer une quinzaine de jours, afin de pouvoir accéder aux différents quartiers, et avoir le temps de m'en imprégner, de faire connaissance avec les gens : j'aimerais rencontrer des petits artisans dans les souks (le célèbre Khan el-Khalili, mais surtout la partie arabe, moins touristique mais reflétant mieux l'économie locale), faire le tour du Caire islamique, avec les différentes mosquées, et sa magnifique architecture, visiter le quartier copte... Cette ville est la synthèse même des différences que le pays propose ! Je veux sentir cette ville, la connaître et l'apprécier, et surtout la faire découvrir aux autres. Ne pas suivre un planning chargé à la minute près, et du coup passer à côté de merveilleuses choses, comme c'est souvent le cas avec des voyages organisés, mais sortir des sentiers battus... Bien évidemment, passer un peu de temps aussi sur les richesses du passé pharaonique que le Caire peut offrir : le musée égyptien, les pyramides, etc... passage d'ailleurs obligé pour montrer l'effet "tourisme" !

Je ne peux pas non plus ignorer Alexandrie, la ville la plus cosmopolite du pays ! La ville d'Alexandre le Grand, qui passe pour la "seconde capitale". Ville méditerranéenne, mélangeant les cultures occidentales et orientales, elle est la "reine des métissages"... C'est un mode de vie totalement différent du Caire, des gens aux personnalités particulières, et une autre atmosphère qui font la si grande renommée d'Alexandrie ! Là-bas, je compte, durant les 8 jours que je prévois de rester, faire aussi le tour de petits quartiers, sentir vivre Alexandrie, et retrouver toutes les civilisations, toutes les cultures de cette ville aux multiples facettes ! Je pense aussi partir une première journée à la découverte du Delta, en allant visiter les petites villes assez typiques de Rosette (celle de la fameuse pierre) et Aboukir (de sinistre mémoire pour Bonaparte...).

Ensuite, il me semble primordial de visiter une oasis : c'est encore faire la connaissance d'un autre style de vie, complètement différent. Il est vrai que j'aurais pu choisir Bahareyya, qui est beaucoup plus proche du Caire, mais Siwah a certaines particularités que je souhaite intégrer dans mon sujet : tout d'abord, c'est l'oasis la plus occidentale et septentrionale d'Egypte, et aussi la plus isolée. Occupée depuis des milliers d'années par des populations berbères, l'oasis conserve ses plus ancestrales traditions – d'ailleurs les habitants parlent un dialecte berbère – ce qui la différencie des autres oasis du désert égyptien... Même dans l'Antiquité, ce fut la dernière oasis découverte par les expéditions de Pharaon ! Et encore aujourd'hui, malgré une franche volonté du gouvernement de moderniser l'oasis pour l'unité nationale, elle n'est pas encore trop envahie de touristes et garde sa quiétude ancestrale... C'est pour ces raisons que j'ai décidé d'y passer une semaine, afin de m'imprégner le mieux possible de la vie sur place et de leur culture. J'espère qu'une fois sur place pouvoir faire des rencontres qui m'apporteront...

Toujours dans cet esprit de montrer une image différente de l'Egypte, une étape autour du Canal de Suez s'impose. Cette région a connu une histoire mouvementée au cours des XIXe et XXe siècles. L'ouverture du canal apporta des changements considérables pour le commerce mondial, et c'est l'origine des conflits dont il a été l'enjeu ! Les villes de Suez, Port-Saïd, et Ismaïlia observent le flot incessant des tankers qui passent quotidiennement, et j'ai envie de me perdre dans les anciens quartiers de type colonial, et de découvrir une vie toute autre. En effet, ces villes à la croisée de 3 continents (les cargos viennent d’Europe, et la région est au confluent de l'Afrique et de l'Asie...), vivent de la pêche, du commerce, du tourisme aussi, et évidemment du canal... Je pense donc que c'est une étape riche d'expérience.

Enfin, au retour, je terminerai par une petite boucle dans le Delta, en passant par Damiette et Tanta, afin de bien montrer les différents styles de vie des habitants du Delta. Beaucoup vivent de la pêche et de l'agriculture, mais le Delta souffre des graves problèmes écologiques, et l'économie locale en pâtit particulièrement...

Voici donc l'itinéraire prévisionnel que j'ai établi, et qui m'a surtout servi à calculer le budget, le programme pouvant évoluer en fonction des circonstances et des opportunités :

Paris – Le Caire
- Le Caire et sa périphérie, 1ère partie : (8 jours)
- Le Nord-ouest :
Alexandrie (8jours)
Siwah (8 jours)
- Le Caire et sa périphérie, 2e partie : (8 jours)
- Le Canal de Suez :
Suez (1 jour)
Ismaillia (1 jour)
Port-Saïd (2 jours)
- Delta :
Port-Saïd – Damiette – Tanta – Le Caire (2 jours)
Le Caire – Paris

Cet itinéraire mentionne tous les lieux que j'ai l'intention de visiter pour mon sujet d'étude, et tente d'optimiser les déplacements tout en passant par ces différents lieux.

Transports :

Trajet en avion de Paris jusqu'au Caire. Le bateau n'existe plus pour aller en Egypte depuis la France, au grand regret de beaucoup de personnes qui l'attendent avec impatience depuis longtemps... Hormis le trajet Le Caire – Alexandrie, que je ferai en train (il est très bon marché, et beaucoup plus rapide que le bus), tous les autres déplacements se feront en car : c'est ce qu'il y a de plus simple, et qui allie un prix attrayant et une relative sécurité. C'est aussi une bonne occasion de côtoyer les autochtones. Au Caire, et à Alexandrie, j'utiliserai certainement les tramways, mais aussi des taxis, des bus, ou le métro, en fonction de la distance, pour bouger un peu, car la ville est immense !

Budget :

Dépenses :

C'est le billet d'avion qui coûte le plus cher. Rien en dessous de 420€, en tout cas, pour l'instant. J'ai contacté quelques agences de voyages, et il y aura peut-être moyen de profiter d'un vol avec un groupe (donc moins cher, car l’agence profite de prix réduits), mais pouvoir partir seul et différer le retour. Pour appuyer ma demande, je dois leur fournir plus de renseignements, et leur donner des dates plus précises. Impossible de m'engager avant de savoir si mon dossier sera accepté. Mais je compte bien poursuivre mes démarches pour parvenir à un meilleur prix. Sinon, à la dernière minute, je pourrai aussi profiter de tarifs moins élevés, mais rien n'est sur ! D'après mes renseignements, on ne peut vraiment pas prévoir ! C'est la raison pour laquelle je suis obligé de compter un prix élevé dans le budget.

Pour le logement, et la nourriture (respectivement 240€ et 180€), je me suis basé sur les tarifs du guide du Routard, et du GEO Guide Egypte, ainsi que sur les conseils de personnes habitant là-bas, ou y étant allé de nombreuses fois. J'ai trouvé de petits hôtels bon marché (les auberges de jeunesse m'ont été déconseillées, car bondées, et du même ordre de prix que certains hôtels que j'ai choisis...) Les bus sont bon marché, et ayant la carte d'étudiant internationale (ISIC), je bénéficie en plus de réductions sur le train, et certains trajets en bus (environ 30€). Et il faut aussi compter le prix des taxis (ou tram, métro, bus) au Caire et à Alexandrie (75€).

Le budget "visites" est aussi assez conséquent : ce n'est pas un voyage touristique, mais dans l'optique de faire le parallèle entre le passé glorieux de l'Egypte, et aujourd'hui, je me dois de faire certaines visites, telles que les pyramides, le musée Egyptien, quelques mosquées, etc... Et ça revient assez cher (75€), même si encore une fois, je bénéficie de près de 50% de réduction.

Evidemment, je dois acheter le visa, à l'arrivée à l'aéroport (coût moindre : 15€, au lieu de 25, avant le départ), mais il est valable 1 mois, or je reste plus longtemps, je devrai donc le faire prolonger (coût : 3€). Quant à mon passeport, il est toujours valable.

Grâce à la carte ISIC, je souscris une assurance valable pour 2 mois, qui va me revenir à 32€.

Enfin, je compte un budget "imprévus" pour les éventuels soucis que j'aurais sur place, les bakchich, ou des déplacements non prévus ! (80€ de marge)

De plus, après mon voyage, je compte intégrer dans mon compte-rendu de nombreuses photos couleurs ; j'ai donc acheté une carte mémoire supplémentaire pour mon appareil photo numérique (60€). Et je dois aussi prendre en compte le prix de l'encre, et du papier qualité photo pour obtenir quelque chose de bien. (60€ et 60€)

Recettes :

Etant en classe préparatoire, j'ai très peu de temps à moi, et il m'est impossible de trouver un petit boulot pour me faire de l'argent. C'est pour cette raison que je demande une bourse de 900€ (sachant que 80% seront utilisés pour le voyage, et les 20% restants pour la restitution avec le rapport...)

Néanmoins, j'ai tout de même réussi à trouver des façons de gagner un peu d'argent : je donne des cours de maths depuis le début de l'année à une jeune fille de 1ère, à raison d'un cours de 2h environ toutes les 2 semaines ; il est prévu que cela dure jusqu'au mois de juin, ce qui représente une somme de 200€ environ.

Je fais aussi parfois des gardes d'enfants (le samedi soir, ça me permet de travailler aussi en même temps), et pendant les vacances scolaires. J'ai 2 petits frères et sœurs, je suis habitué, et les gens ont confiance. D'après ce que j'ai déjà gagné (120€), et ce qui est déjà prévu, je pense gagner aux alentours de 215€.

Voici un tableau qui résume tout :

J'indique les prix en Livres Egyptiennes (LE) pour les dépenses sur place, en prenant le taux actuel qui tourne autour de : 1LE = 0,15€ (ou un peu en dessous)

Contacts

Etant déjà inscrit sur des fora d'égyptologie, j'ai fait la connaissance d'une française, mariée à un Cairote. Elle m'a fourni de précieuses indications sur la vie au Caire, et c'est par son intermédiaire que j'ai réussi à trouver des contacts sur place. A l'heure actuelle, il n'est pas encore question d'hébergement, mais plutôt de soutien sur place en cas de besoin, et de conseils pour savoir me diriger au Caire, et à Alexandrie. Je me suis inscrit sur l'Hospitality Club, mais la démarche a été longue, et j'ai peu de temps pour suivre l'évolution. De plus, la prise de contact n'est pas aisée. Néanmoins, j'ai fait la connaissance d'une jeune fille, ayant déjà fait un voyage Zellidja l'an dernier, et qui s'occupe de la région de Dijon pour l'HC. Je pense donc pouvoir approfondir cette piste, afin de trouver d'autres contacts. J'espère pouvoir vous en dire plus à ce sujet lors de l'oral... Je me suis aussi inscrit sur plusieurs autres fora (MFE, du Ministère des Affaires Etrangères, le Routard, couchsurfing.com etc...), mais cela n'a pas encore été très productif. J'ai pris contact avec le Centre Culturel Egyptien à Paris, mais celui-ci m'a répondu ne pas être en mesure de m'aider, et qu'il fallait que je contacte l'Ambassade Egyptienne. Ceci rentre aussi dans le cadre des démarches que je compte entreprendre sous peu !

J'ai donc pour l'instant 4 contacts au Caire :

(....)

Restitution de mon séjour

L'écrit est obligatoire, c'est naturel, et pour moi, il constituera la partie la plus importante du rapport. J'aime beaucoup écrire, c'est, je dirais même, une seconde passion après L'Egypte, et je pense que je n'aurai aucun mal à faire ressentir les différents aspects de mon projet, et faire passer une émotion intense. Bien sur, je compte l'enrichir de nombreuses photos : ça sera nécessaire pour mettre en évidence les différents modes de vie, pour montrer le quotidien des gens que j'aurai rencontrés, et pour capter des instants précis... Mais il ne faut pas oublier non plus que les égyptiens ont leur façon de vivre, et il peut être parfois mal vu de photographier certaines personnes (notamment les femmes), ou dans certaines circonstances, il est donc bien évident que je respecterai les personnes et les cultures que j'aurai l'occasion de rencontrer.

mercredi 13 septembre 2006

Prologue : mercredi 19 juillet

Je suis dans le train qui m'emmène à Paris. L'aventure n'a pas encore réellement commencé, j'ai déjà fait de nombreuses fois ce trajet. Pourtant des petits détails, tels que mon gros sac, ou mon passeport dans la poche, donnent tout de même à ce voyage un aspect particulier. Entre "repas" et lecture d'un merveilleux bouquin d'un auteur égyptien, L'Immeuble Yacoubian, je suis vite arrivé à Paris.

Encore une fois, rien de nouveau : le RER est un cadre que je connais bien, même si j'ai ressenti une drôle d'impression en demandant un billet pour Roissy.
Si, il y a une chose qui diffère de d'habitude : le regard des gens. Entre étonnement, sympathie ou incompréhension, je remarque que le fait d'avoir un gros sac sur le dos, un petit devant, et un chapeau attire les regards...

Le RER est censé m'amener jusque l'aéroport. Il y a d'autres personnes chargées et un regard suffit à déclencher un sourire, comprenant immédiatement que nous avons la même destination. Telle est une des caractéristiques du voyageur : sa capacité à rencontrer d'autres voyageurs ! Comme si le fait de partir ainsi, créait un cercle dans lequel se retrouvent tous ceux qui bougent de cette manière...

Une annonce interrompt mes réflexions : le train ne va pas jusqu'à Roissy pour cause de travaux, des bus prendront le relais. Alors que dans d'autres circonstances, cette nouvelle m'aurait agacé, là je souris... J'ai même envie de rire, peut-être parce que cet imprévu me fait rentrer un peu plus dans le voyage, et donne aussi un peu d'ambiance à une nuit qui promet d'être longue... En effet, il est un peu plus de 23h, et mon avion décolle à 7h15 !

L'organisation est nickel, et le bus nous emmène sans encombre jusque l'aéroport. Je me dirige vers mon terminal et je repère l'endroit où je devrai retirer mes billets quelques heures plus tard.
Je tourne un peu en rond dans ce hall tout en longueur, et quasiment désert en ce début de nuit. Je termine mon livre (j'en ai encore d'autres à lire, et je relirai celui-ci avec plaisir) puis je décide d'essayer de me reposer un peu... Une heure plus tard, après avoir somnolé un peu, je remarque qu'un orage a éclaté. De lumineux éclairs déchirent le ciel, et les nombreuses lumières de l'aéroport créent des milliers de reflets sur la chaussée trempée... J'écris un peu pour faire passer le temps, et commencer aussi à décrire mes impressions.

Il est maintenant 2h30, il me reste 3h avant d'aller chercher mes billets pour l'enregistrement. J'enfile un pull, le seul – et très léger – que j'ai pris, pour contrer la fraîcheur de l'air due à l'orage et à la climatisation du hall : cette même clim' que je vais certainement regretter quand je serai là-bas ! J'entame une seconde tentative pour dormir un peu...
Tentative infructueuse ! Je prend mon mal en patience, et à 5h30, je vais retirer mes billets : quelle joie de les avoir en main ! Puis enregistrement des bagages, et carte d'embarquement. Il me reste une petite demi-heure avant de monter dans l'avion et mon cœur s'accélère. Ce voyage Zellidja, en Egypte qui plus est, me tient énormément à cœur, et depuis les 6 mois que j'en rêve, se mêlent maintenant stress de l'inconnu, impatience, curiosité, et joie immense... Je ne suis pas encore arrivé que je suis déjà heureux ! En même temps, ne sachant pas comment sera le voyage, je profite de tous les instants de bonheur, et celui-là est le premier...

La ceinture est bouclée, les moteurs vrombissent mais l'avion ne décolle toujours pas. Maintenant si : c'est parti... Le vol Paris - Rome s'est bien passé. L'heure d'escale passe vite, mais apparemment il y a un souci avec l'embarquement ou l'enregistrement de certains passagers. L'environnement a changé, il y a maintenant une majorité d'égyptiens dans l'avion, et l'aventure semble prête à commencer...

L'arrivée, belle entrée en matière : jeudi 20 juillet

En sortant de l'avion, je change un peu d'argent pour pouvoir payer en Livres Egyptiennes (LE), c'est nettement plus avantageux (pas de risque de taux superflu, et commission ajoutée une seule fois) et les égyptiens apprécient plus. Le visa, contrôle des passeports et récupération de mon sac, intact je suis content !
En me dirigeant vers la sortie, je suis accosté par un homme qui me propose je ne sais quoi. Je le laisse au beau milieu de sa phrase, mais tandis que je cherche des yeux un taxi, un second passe à l'attaque : il réussira, et au lieu de payer 50 LE dans un vieux taxi Peugeot, j'en paye 65 pour une belle Toyota : ok, c'est le premier jour, je me suis fait avoir ! En même temps, la voiture est nettement plus confortable, ça se paye aussi...

Le Dahab Hôtel est situé au 7e étage d'un immeuble du centre ville, sur une terrasse ornée de palmiers, d'où son nom, référence à une très belle station balnéaire sur la Mer Rouge. Je découvre ma petite chambre, avec trois lits d'une personne, et une "salle de bains" : une petite pièce en longueur où s'enchaînent un lavabo, un tuyau suspendu qui fait office de douche (pas de bac, l'eau tombe sur le sol, et il y a un trou dans le coin pour l'évacuation...) et des toilettes. Une fenêtre donne une vue du quartier : du haut, ça n'est pas très reluisant. J'ai tout de même le droit à un ventilateur dans ma chambre ! Je me détends un peu, et je souffle car j'ai monté les 7 étages à pied, et avec la chaleur et les sacs, ça n'est pas une partie de plaisir.

J'ai envie d'aller boire un thé et de commencer à rencontrer des gens. Ce qui n'est pas une chose si facile en Egypte, enfin surtout dans les grandes villes, car très touristiques, et il faut repousser tous ceux qui nous accostent par intérêt, mais sans blesser les personnes sincères qui sont toujours une preuve de la célèbre hospitalité égyptienne...

Je marche sans trop savoir où je vais, je dois bien l'avouer. J'arrive en face du musée égyptien, et je ne peux m'empêcher de m'appuyer sur une barrière pour le contempler. Un homme m'accoste et engage la conversation. Quand je lui dis que je suis français, son visage s'illumine et il me dit que sa femme est française (ou qu'il l'a rencontrée en France, je ne comprend pas tout). Il m'emmène alors dans son magasin où il vend toutes sortes d'huiles pour le corps et le bain, et de parfums. Il m'offre un thé, et avec un autre homme, nous parlons un peu. Apparemment sa famille est installée au Caire depuis plusieurs générations, voire plusieurs siècles, et cela lui donne une certaine fierté.
Il me fait sentir de l'huile de lotus, d'ambre, etc... Je lui en achète finalement un petit flacon. Ensuite, il me pose des questions sur moi, ce que je fais, et pourquoi je suis ici. Puis il me propose d'aller voir la boutique de papyrus d'un ami à lui... "Oui... pourquoi pas..." J'accepte, même si je ne suis pas emballé plus que ça.

C'est une belle boutique, de qualité, où les papyrus sont des vrais et non pas des feuilles de bananes. Je devais en acheter un, et il me dit qu'il fait 50% sur les prix affichés : je choisis celui dont j'ai besoin, ce qui me donne l'occasion de boire un deuxième thé, servi par deux demoiselles :
- Shoukran (merci).
- Vous parlez arabe ?
- Non non. J'apprends...
Il est content, et tout le monde sourit.

Il insiste ensuite pour que j'en achète un second, et il baisse les prix pour m'encourager... Après négociation, j'en prends un pour moi. Nous nous installons au fond de la boutique, là où il vend tout ce qui est or, argent, bijoux. Cela me donne l'occasion de discuter un peu plus en profondeur avec lui. Il s'appelle Mohammed, et il me dit que sa boutique lui rapporte assez pour avoir une vie "moyenne", ni très bonne, ni très mauvaise, et il s'empresse de rajouter "life is easy, easy." Il rajoute aussi que nombre de problèmes en Egypte sont à l'origine d'une minorité de musulmans ou de chrétiens "qui n'ont plus toute leur tête" ! Je lui réponds ironiquement que c'est un peu partout la même chose... Je lui demande comment il ressent la vie politique égyptienne et ses conséquences au quotidien, avec la police par exemple, qui est assez musclée : "strong" dira-t-il, mais je n'en saurai pas plus. Il s'absente cinq minutes, me laissant seul avec une jeune fille qui travaille là. Elle a fini ses études, et maintenant elle est ici. Je ne réussis pas à savoir quelles études elle a faites, mais apparemment elle a fait un joli cursus. Je suis un peu étonné car je lui donnerais le même âge que moi, mais je ne lui demande pas, et je n'ai ensuite pas le temps d'en reparler avec Mohammed.

Il me raccompagne jusqu'à l'hôtel. L'ascenseur marche cette fois-ci... Je pense qu'il marchait aussi tout à l'heure, mais qu'il était utilisé. Et je remarque qu'on ne peut pas l'appeler d'en bas, enfin si, il faut appuyer sur un endroit particulier derrière la grille... chose que le "bawab" (concierge) fait très bien. Je paye les deux papyrus, et il m'invite à revenir pour parler, boire un thé ou si j'ai besoin de quelque chose : je pense que j'y retournerai...
Avec les klaxons en bruit de fond, et l'appel à la prière du muezzin – enfin les haut-parleurs des mosquées aux alentours – je m'installe sur la terrasse face à ma chambre, et je me mets à écrire, dérangé par des violentes bagarres entre chats : cinq ou six sur le même petit chaton, j'ai pitié de lui...

La nuit est tombée, il y a un léger vent et la soirée est agréable, seuls les klaxons ne s'arrêtent pas. Je pense qu'il est temps pour moi de redescendre et de trouver de quoi manger. En sortant, je décide d'aller engager la conversation avec un homme qui lit sur la terrasse. C'est un linguiste, spécialisé dans l'égyptologie. Nous discutons une petite heure, bientôt rejoints par une anthropologue suisse qui travaille sur Siwa.

Vers 22h, je descends avec pour intention d'aller au Club Grec, recommandé par GEO. Malheureusement, je ne le trouve pas, et une jeune homme me propose de jeter un œil dans son magasin : je sais que je n'achèterai rien, mais c'est toujours l'occasion de parler un peu. Je ressors trente minutes plus tard très déçu ! J'ai bu mon troisième thé, mais je n'ai pu échanger que quelques mots, et je sais qu'on se fout de moi... N'ayant pas réussi à trouver ce que je cherchais, je me rabats sur un café où je mange une glace : au moins pendant les vingt minutes où je reste assis là, j'ai regardé un match de foot, entouré de plusieurs hommes fumant la chicha, et c'est agréable de ne pas être harcelé.
Je remonte à l'hôtel où je retrouve Germain, le linguiste, qui me parle, entre autres, d'Alexandrie la magnifique...

Je suis dans mon lit, jetant un regard évasif sur la chambre, et j'avoue être un peu dégoûté par cette première journée... Fatigue, chaleur, "arnaques", bref, j'ai connu mieux. En colère contre moi-même de ne pas avoir mieux esquivé ce que je connaissais parfaitement à l'avance. Encore une fois, j'ai besoin de rencontrer des gens, de parler avec eux pour mon dossier, voire même de partager leur quotidien, et c'est ça qui m'incite à accepter le contact. Je suis persuadé que sans cela, je n'aurais suivi personne aujourd'hui.... Malheureusement si je fais ça, je risque fort de ne rencontrer personne, et pour mon projet, cela serait dommage !
Je suis prévenu, espérons que demain sera une meilleure journée. De toute façon, j'ai deux contacts que je dois appeler et avec qui ça devrait bien se passer... Et maintenant, je vais plonger dans un sommeil bien mérité, une bonne nuit et tout ira mieux.

Le Caire, Ma chambre