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mardi 4 décembre 2007

L'Université du Caire

Gâma'at al-Qâhira جامعة القاهرة

C’est ce que je dis aux taxis plusieurs fois par semaine pour m’emmener à « l’Université du Caire ». Car depuis le 1er octobre, je suis étudiant en Droit à l’IDAI – Institut du Droit des Affaires Internationales – qui dépend de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Et ça me plait !!

Nous sommes un peu moins d’une centaine dans la promo, sachant qu’en France, c’est plusieurs centaines en 1ère année, et qu’ici, la filière arabe de Droit comporte près de 10 000 étudiants… ! L’enseignement est aussi de qualité puisque les enseignants sont pour la plupart français et enseignent également dans de grandes universités, et que de toute façon nos examens sont corrigés à Paris sans distinction avec les autres. Et en plus de ces conditions favorables, je dois dire que le cadre est plus qu’agréable : un grand campus avec quelques belles avenues, de la pelouse, des palmiers, de beaux bâtiments dont la grande coupole du bâtiment principal de l’administration, et évidemment le soleil venant rendre tout ça encore plus joli !

Sur la centaine d’étudiants, il y a un peu plus de 20 nationalités différentes : une grosse majorité d’égyptiens évidemment, mais aussi des gens qui viennent du Gabon, du Tchad, des Comores, du Burkina Faso, du Congo, de Libye, de Pologne et… de France. Nous sommes effectivement 5 français cette année, ce qui est un record : il y a Jenny, Elodie et Muriel que je connaissais déjà, Mathilde que nous avons rencontrée à la rentrée, et moi. Cette mixité est vraiment intéressante, et parlant tous français, nous n’avons aucun mal à discuter entre nous, à échanger des points de vue, et c’est réellement intéressant.

Enfin, ce qui pourrait constituer tout de même l’essentiel : le Droit me plait. Je trouve ça vraiment intéressant, je comprends plutôt bien, et je n’ai pas encore trop de mal à suivre et à travailler. Hamdullah !! Pour l’instant, nous avons principalement du Droit constitutionnel, pour lequel j’ai une franche attirance, déjà due à la matière en elle-même mais également pour la qualité des cours que nous dispensait M. Biays, le coordinateur de la filière, « Papa Biays comme il était surnommé, et qui est aujourd’hui parti en Turquie. Nous avons aussi du Droit privé (civil) dont les cours magistraux furent donnés par un missionnaire venu spécialement – je remercie d’ailleurs M. Montas pour cette semaine de cours fort instructive – et avec lequel nous avons fait plusieurs débats fort intéressants – immigration en Egypte, peine de mort, homosexualité et port du voile en France à l’école – lors desquels il nous a été permis de constater la mixité des opinions, et leur virulence parfois, que partagent les étudiants.

Que dire de plus ? Si ce n’est que j’aime réellement les études que j’entreprends en ce moment, que je fais avec plaisir à la fac – même s’il y a bien évidemment des points négatifs comme toujours – et que j’apprécie également un emploi du temps plutôt relax qui nous permet de profiter de pas mal de temps libre, pour travailler notamment ! Peut-être à l’occasion vous ferais-je partager certaines choses en rapport direct avec le Droit pour vous donner une lointaine idée de ce qu’on peut faire.

C’est aussi un autre aperçu de l’administration égyptienne… L’Université a par exemple décidé du jour au lendemain, la veille de la rentrée, de passer les frais d’inscription de 4500 LE à 5600, puis à 5725 quelques semaines plus tard ! Les motifs invoqués ne peuvent pas être vérifiés, et comme on nous l’a rappelé, l’IDAI est un hôte de l’Université du Caire, et qui n’était pas très populaire il y a quelques années. Mais grâce au travail des uns et des autres, dont M. Biyas, l’IDAI s’est énormément développé pour devenir une filière d’excellence dans le Droit.

Et plus qu’un aperçu de l’administration, c’est un aperçu de l’Egypte tout simplement. On y croise de tout : riche bourgeoisie, familles plus modestes, fondamentalistes – et les régulières manifestations des Frères Musulmans – étrangers… C’est un univers assez particulier mais ô combien intéressant. En parlant des manifestations d’ailleurs, c’est quelque chose à voir : entre vingtaine et une centaine de jeunes entourés de barrières, le double ou le triple de policiers avec casques, boucliers et matraques… Les manifestants au centre hurlent leurs slogans, et les policiers les regardent tranquillement. Du moins, ça c’est pour celles qui se passent bien. Plusieurs égyptiens que je connais m’ont décrit d’autres manifs, toujours à l’université, mais où là, les policiers, d’un coup sans prévenir, chargeaient la foule… Coups de matraque, coups de pied à terre jusqu’à ce qu’ils ne bougent plus, puis embarquement d’un certain nombre. Plusieurs sont vite relâchés, mais d’autres passent quelques jours en prison… Mais je n’ai pas encore vu de telle manifestation depuis mon arrivée, et j’avoue que j’apprécie ne pas m’être retrouvé au centre de l’une d’elle !

Cependant, c’est un grave problème que celui de la liberté d’expression en Egypte, ainsi que celui des atteintes très (trop) régulières aux Droits de l’Homme perpétrées par la police… Mais je reparlerai de ce sujet prochainement.

mardi 2 octobre 2007

Siwa, camp 3

Siwa, camp 2

Siwa, camp 1