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vendredi 28 septembre 2007

Moqqatam, les falaises 2

Moqqatam, les falaises

jeudi 27 septembre 2007

Découvertes et aventures

Samedi 15, vers midi, je retrouve Gwen et Annick, une de ses amies venue pour 10 jours en Egypte. Quelqu’un doit nous emmener au Moqqatam, les falaises qui dominent la ville au sud-est du Caire. Pour y aller, nous traversons la Cité des morts : plus de 1000 hectares avec plusieurs centaines de milliers de tombes… Depuis les années 50 et la crise du logement, les cairotes sont venus trouver des lieux de vie ici, occupant les cimetières, ou les mausolées, et depuis on estime à entre 1 et 3 millions le nombre de personnes vivant ici.
En passant en voiture, il étrange de voir les façades décorées de citations religieuses et de remarquer aussi vite l’antenne satellite sur le toit et une table à manger à l’intérieur… Une fois sortis, nous débouchons au pied des collines. Au sommet, creusées dans la roche calcaire, se trouvent plusieurs églises coptes avec une importante communauté religieuse.

Mais avant d’y arriver, il nous faut faire l’ascension – décrite comme un chemin de croix par les coptes – et traverser le quartier des zabbalines, les chiffonniers du Caire. J’avais déjà lu plusieurs articles sur eux dans le journal, Françoise m’en avait longuement parlé et j’avais regretté de ne pas y être allé l’été dernier. Tous les habitants récupèrent les déchets de la ville, les trient, les recyclent et développent ainsi un artisanat à partir de ces produits recyclés. Nous rentrons donc dans un monde où les ordures sont partout, en vrac ou alors triées dans des sacs énormes empilés contre les murs ou entassés et ficelés dans des pick-up créant des chargements de plusieurs mètres de hauteur ! Nous avions du mal à avancer car les rues sont à la limite d’être praticables et nous rencontrions beaucoup de convois plus qu’encombrants. En apparence, c’est un monde de misère, où la pauvreté et la saleté sont reines : c’est vrai pour la seconde, mais sinon la réalité est un peu différente. En effet, le commerce des ordures et produits recyclés est assez rentable, et permettent aux zabbalines de vivre plus ou moins bien – attention, ils restent pauvres, mais pas autant que d’autres et pas autant que leur environnement ne pourrait le laisser supposer – et d’envoyer leurs enfants à l’école. Nous croisons d’ailleurs plusieurs écoliers en bel uniforme. Pour limiter leur activité, le gouvernement créa une société de ramassage des déchets et de recyclage… mais alors qu’ils n’en récupèrent que 30%, les zabbalines, eux, arrivent à en recycler plus de 90%. Ne voulant pas perdre cette source de revenus, et étant par ailleurs utiles à la ville et plus efficaces, ils s’arrangent toujours pour devancer, en catimini, la société officielle dans le ramassage…

Après avoir demandé plusieurs fois, nous finissons par arriver à l’entrée de la communauté : de grandes falaises de calcaire nous accueillent, dans lesquelles ont été gravées des fresques géantes représentant des personnages ou des scènes de la Bible, avec à côté des versets traduits en arabe et en anglais. Nous pénétrons d’abord dans un immense amphithéâtre creusé dans la roche, où doivent se dérouler des messes incroyables. Derrière le pupitre s’étend une zone de parquet ciré, avec accrochés au mur, des icônes sacrées que fidèles viennent pieusement toucher. Nous rentrons ensuite dans une immense grotte aménagée avec une petite scène et des gradins. Au fond, il y a d’autres fresques bibliques gravées dans la roche. Il y a une atmosphère particulière dans ces lieux, quelque chose de serein, de spirituel, d’apaisant… Plusieurs groupes d’enfants nous suivent par moments, nous sourient et nous demandent nos prénoms : c’était assez amusant. Il est vrai que quasiment aucun guide ne parle de ces lieux, il n’y a donc que rarement des touristes et des étrangers qui viennent…

En redescendant, nous – après une longue et laborieuse recherche – voir un atelier ayant été soutenu par Mère Thérésa, où des femmes recyclent le tissu et le papier, puis fabriquent de très jolies choses pour les vendre. Pour cause de Ramadân, les ateliers marchent au ralenti mais nous avons tout de même pu avoir un aperçu de la façon dont le papier est traité. Puis nous sommes redescendus, laissant derrière nous ce monde étrange et fascinant, et je me promis de revenir en faisant l’ascension à pied, pour mieux rencontrer les gens qui paraissent vraiment très chaleureux. Le seul point négatif étant l’odeur, qui parfois, est vraiment très forte… !

Nous avons continué notre balade en allant faire une petite pause au parc El-Azhar : grand espace verdoyant avec des bassins, de grandes pelouses, de nombreuses espèces d’arbres et de fleurs, et une magnifique vue sur le Caire, notamment le quartier islamique, à deux pas de là. Inauguré en 2005, après plus de 20 ans de chantier, « ce parc se situe sur les 30 hectares des colline el-Darasa, nées de l’accumulation, siècle après siècle, des débris et détritus de la cité… dont le sous-sol abrite de gigantesques réservoirs d’eau potable, première condition d’une amélioration de l’habitat des anciens quartiers populaires. » Le projet a permis grâce aux fonds récoltés – 2 restaurants de luxe, un prix d’entrée modique – de restaurer de nombreuses maisons et monuments, ainsi qu’un morceau de la muraille fatimide de Salah el-Din.

Puis nous avons descendu la colline, et nous sommes arrivés au pied de la muraille. Après avoir trouvé comment passer de l’autre côté, nous avons pénétré dans les quartiers populaires du Caire islamique : petites ruelles étroites, avec des maisons datant de plusieurs siècles. Nous voulions à la mosquée bleue, normalement près de là où nous étions. Mais apparemment, personne ne connaissait, car même les personnes qui répondaient nous donnaient des directions très floues et parfois même contradictoires ! A ce sujet, il faut savoir que les Egyptiens sont très fiers et qu’ils se refusent à avouer qu’ils ne savent pas… Ils répondent donc souvent quelque chose du style « ‘Ala tûl, ‘ala tûl, wa ba’adên, â’al-yemîn », ce qui veut dire « tout droit, tout droit, et ensuite, à droite »… C’est alors que Gwen m’a dit que j’étais comme j’étais le seul mec du groupe, et que je parlais un peu arabe, c’était à moi de demander et de faire le guide ! Bon…
- Men fadlak, fên el gama’a el-‘azraq ? (s’il vous plait, où se trouve la mosquée bleue ?)
- Gama’a el-Azhar ? (Mosquée el-Azhar ?)
- Lâa lâa ! Gama’a el-‘azraq ! (Non non ! La mosquée bleue !)
Et on me répondait un truc incompréhensible et qui n’était pas la direction que l’on supposait approximativement avec le plan. Car oui, nous avions un plan ! Où figurait la mosquée qui plus est !! Mais notre position était plus qu’incertaine et le nom de notre rue n’était pas précisé sur le plan…
Puis au bout de 10 min :
- El gama’a el-‘azraq ? Fên ? (La mosquée bleue ? Où ?)
- El-Azhar ?
- Lâa, mesh el-Azhar ! El gama’a el-‘AZRAQ !! (non, pas el-Azhar ! La mosquée BLEUE !!)
Mais continuant à me parler d’el-Azhar, je finis par dire :
- La mosquée bleue, quoi ! – comme s’il allait mieux comprendre si je m’énervais en français…
- Aaaah… « la mosquée bleue » ?
- Aywa !!!
Il parle alors avec le jeune homme qui l’accompagne et celui-ci, certes pressé et pas très emballé par la tâche, nous emmène tout de même jusque là-bas. Je ris intérieurement de m’être fait comprendre en français et non pas en arabe… Mais je réalise soudain que ce nom de « mosquée bleue » n’est qu’un surnom – c’est en réalité la mosquée d’Aqsûnqûr - surnom qui traduit en arabe ne fait probablement référence à rien du tout… D’où leur insistance à parler de la grande mosquée d’el-Azhar, en pensant certainement que je ne savais pas prononcer !

Au fond, beaucoup de temps pour pas grand-chose : la mosquée, en travaux, ne se visite pas, et les carreaux de marbre bleu sur la façade– qui lui ont donné ce cher surnom que nous connaissons – sont dissimulés sous une épaisse couche de poussière.
Demi tour donc pour aller à Bab el-Zueila, la grande porte au sud de la muraille fatimide du Caire construite au XIe siècle. Je reprends donc mes questions en demandant cette fois-ci « Fên el-shari’a el-khiyamiyya ? » (où est la rue el-Khiyamiyya ?) J’ai plus de succès et après une balade dans les petites ruelles, nous retrouvons les souks de Bab el-Zueila. Un petit tour dans la rue des « fanoûs », les lampes dorées du Ramadân, où sur quelques centaines de mètres, des vendeurs proposent chacun des dizaines et des dizaines de modèles différentes. Enfin, après avoir assisté à l’iftar sur la place el-Hussein, à l’entrée du Khan el-Khalili, où de nombreuses tables recouvertes de nourriture accueillent ceux qui rompent le jeûne, nous avons pris un verre au Fishawy – karkadé glacé et thé à la menthe pour moi – avant de rentrer.

Le temps de faire mes sacs, de transférer mes photos de la journée, vérifier quelques mails, aller acheter un cahier pour écrire et un peu de pain, il était l’heure. Hop, un taxi ! On parle un peu : il aime la France, et je vois que Chirac est encore dans beaucoup d’esprits… Il est plus réservé quant à Sarkozy. Il me dit qu’il apprécie également les allemands, mais un peu moins les anglais et les américains… Avant de me laisser, il me félicite pour mon arabe. Je le remercie mais reste septique. Certes, je me débrouille un peu, ma prononciation doit s’améliorer un peu également, mais de là à dire que je parle bien arabe ! Néanmoins, ça me fait plaisir, et ça m’incite encore plus à persévérer : dans 3 ans, je veux absolument être bilingue !!

J’attends le bus, il arrive finalement et un peu avant minuit, nous partons. Ca y est ! L’aventure commence… Je repense alors aux cris d’un chauffeur que j’avais entendus l’année dernière à Matrouh et qui correspond bien à mon état d’esprit : « Siwa, Siwa ! Yalla !! » (Siwa, Siwa ! On y va !!)

samedi 15 septembre 2007

Ramadân Karîm ! رمضان كريم

Hé oui, depuis hier, le ramadân a commencé en Egypte, et durant 1 mois toute la vie du pays est un peu bouleversé par cet événement. Aujourd’hui, il fallait que j’aille faire quelques courses. Je descends donc tranquillement l’escalier, dis bonjour au bawab, et vais à l’épicerie 20m plus loin… Mais à ce moment retentissent plus cris de muezzins, et je vois que les marchands sont tous en train de fermer leurs boutiques ! Hé oui… C’est vendredi ! Qui plus est, le premier vendredi de Ramadân ! Je suis donc remonté bredouille, et j’ai attendu le milieu de l’après-midi pour y retourner.
Quelques courses de nécessité, et des fruits et légumes : ça ne coute rien !! J’ai acheté des mangues, du raison, des poivrons, et des tomates, j’en ai eu pour 20 LE – environ 2,6€ !!
Vers 18h, je suis descendu pour aider Aude avec ses valises – elle va chez un ami en attendant de trouver son appart – et j’ai croisé les bawabs, installés dans le hall de l’immeuble, sur une petite table, avec de nombreux plats de nourriture : l’iftar, la rupture du jeûne.

Ce soir, je suis de nouveau sorti dans le centre-ville. Je suis d’abord allé à la grande gare routière derrière le Musée égyptien, pour acheter un billet de bus : demain soir, je prends un bus pour Marsa Matrouh, avant d’aller à Siwa ! Le bus part 23h30 du Caire pour arriver vers 5h à Marsa. Là, j’attendrai 2h à la gare routière pour prendre le bus de 7h pour Siwa… Ah la la, comme je suis content !! Je vais enfin retourner dans cette oasis que j’aime tant ! Que de souvenirs j’ai là-bas, alors que je n’y suis resté que 5 jours. Et là, comme je prévois de m’organiser quelques jours en plein désert, je pense que ça va être inoubliable… Et une nouvelle fois, je ne me suis exprimé qu’en arabe, et j’ai été compris ! Quel plaisir !! Ca donnait à peu près ça :
- El-Salûm ? (Saloum ? – c’est le terminus du bus)
- Emta ? En-nahâr da ? (quand ? aujourd’hui ?)
- Lâ. Bokra. (non. Demain)
- Es-saâ kâm ? (à quelle heure ?)
- Hedâshar w nos. (11h30)
- Fe-l-mesâ ? (le soir ?)
- Aywa ! (oui)
- El-otobis, fên ? Henâ ? (le bus, où ? ici ?)
- Aywa. (oui)
- Shokran. Mâa es-salâma. (merci. Au revoir)

Après ça, j’ai marché un peu sur les bords du Nil, pour profiter de la douceur du soir, puis je suis allé m’acheter Al-Ahram Hebdo – l’hebdomadaire égyptien, en français - et la version arabe, quotidienne, pour essayer de lire un peu… J’ai réussi à comprendre le sujet du premier article, mais ensuite… ! Je ne comprends que quelques mots par ci par là. Ca va venir !
Ensuite, un taxi et retour à Midân el-Hussein, pour aller au Khan el-Khalili, et m’installer au Fishawy. Que de monde ce soir !! On voit que nous sommes en plein ramadân : les gens sortent et profitent en famille le soir, après avoir rompu le jeûne. J’ai assisté à un défilé incessant de personnes, de marchands, de familles, de touristes, encore plus qu’à l’accoutumée… Je me prends un thé et feuillette le journal : j’aime vraiment lire l’Hebdo. L’actualité égyptienne, mais aussi celle du Moyen-Orient, du monde arabe et de l’Afrique en un peu plus développé qu’en France ! Et puis, il est intéressant d’avoir la vision locale des événements qui se passent. Je commande un deuxième thé. Je remarque que le café, comme tout le Caire d’ailleurs, fête le ramadân : des guirlandes lumineuses un peu partout, les lampes dorées accrochées aux murs, symboles de ce mois sacré – voir la photo prise l’été dernier – et quelques affiches avec des bénédictions ou des versets du Coran…
Je finis par céder à la tentation et me prend une chicha pour accompagner mon thé et profiter un peu plus de cet agréable moment. Je ne me lasse vraiment pas de venir ici, dommage que ça soit un peu plus loin de chez moi que lorsque j’étais à l’hôtel dans le centre-ville. Mais bon, au moins je marche…

Et on peut dire que je marche ici, d’ailleurs j’adore ça ! Il y a toujours quelque chose à voir, une odeur à sentir, une atmosphère à ressentir… Il y a une vie ici qui mérite vraiment d’être vécue, et la marche est un très bon moyen pour ça. Je suis par contre désolé de ne pas mettre beaucoup de photos, parce que mais même si je l’ai sur moi, j’ai toujours une pudeur qui m’empêche de photographier à tout va… Mais j’essayerai néanmoins de faire des photos pendant le ramadân, pour mieux vous faire partager ce moment.

Enfin, un peu avant minuit, je décide de rentrer. Je marche jusqu’au centre-ville, puis je prends un taxi pour revenir à Zamâlek. Je mange encore de l’excellent pain que j’ai acheté cette après-midi : tout frais de ce matin, il se conserve bien, et garde son goût délicieux ! Même nature, j’en suis fou !

Maintenant, après discuté un peu sur internet, puis avec Gwen et son amie Anick qui vient d’arriver au Caire, et écrit tout ça, il est 3h passé… Dans 24h, je serai dans le bus : j’ai hâte !! Je rêve déjà du désert… Ca va me faire du bien ! Pas que je ne me plaise pas au Caire, mais ça sera un véritable moment de détente, de repos, de ressourcement avant la rentrée à la fac… Siwa, me revoilà !

mercredi 12 septembre 2007

Le Caire sera toujours le Caire...

Hier matin, j’avais décidé d’aller à la fac pour avoir un papier qui me permettrait d’aller me faire faire un visa étudiant au Mogamma (ministère de l'Intérieur) dans le centre ville. J’avais appelé la veille le coordinateur de la filière, qui m’avait dit de passer.
N’ayant pas envie de prendre un taxi, je décide de marcher jusqu’au métro Opéra, pour ensuite arriver à la fac. Je marche donc pendant 20 bonnes minutes sous un soleil ardent – ben oui, la veille j’avais écrit qu’il faisait plus frais, donc forcément… - et après le métro, j’arrive juste derrière la fac.

Impossible de rentrer ! Hé oui, les policiers à chaque entrée insistent pour voir la carte d’étudiant pour laisser passer les jeunes. Moi, ma carte, je ne l’aurai qu’après la rentrée ! J’essaye donc de dire que je veux aller m’inscrire, etc… Mais rien n’y fait, et on me dit d’aller voir plus loin. J’avance donc, et on me redit la même chose. Au final, je dois faire tout le tour du campus – vraiment très vaste – pour aller à l’entrée principale, par où j’étais passé la semaine dernière avec les filles. Mais là, même chose, on refuse de me laisser rentrer. Je discute pendant 10 bonnes minutes avec chacun des gardes, en montrant mon passeport et en essayant d’expliquer où je veux aller, et un policier finit par me laisser passer…
Quand j’arrive dans les locaux de l’IDAI, je tombe sur la secrétaire qui me dit que je ne peux pas avoir le papier tant que je ne suis pas inscrit ! Les inscriptions définitives démarrant à la rentrée, je ne peux rien faire avant. Le coordinateur de la filière arrive à ce moment, et me redit que je peux avoir un certificat de candidature ou de pré-inscription, mais le certificat nécessaire, en arabe, non. Je précise que mon visa touristique expire le 4 octobre, donc il faudra que je me dépêche. Il me dit alors que ça n'est pas si urgent, qu'on a normalement le droit à 15 jours de tolérance, et que si je viens avec une carte d'étudiant et un papier de l'IDAI, il n'y aura pas de soucis. Il a rajouté en riant : « Mais vous savez, c’est l’Egypte ici ! Tout s'arrange toujours ! » Que voulez-vous rajouter de plus ? J’ai éclaté de rire, je l’ai remercié et suis reparti.

J’étais épuisé, et je ne voulais pas refaire tout le tour du campus pour rejoindre le métro… j’ai donc cherché un taxi ! Mais il m’a fallu un bon quart d’heure, vingt minutes, pour en trouver un de libre qui accepte de me ramener à Zamâlek ! Il était presque 14h, et la circulation était infernale…

Rentré à l’appart, j’ai soufflé un peu, me suis acheté un shawerma en bas, et j’ai fait une sieste !!

Dans la soirée, Jenny m’a proposé de la rejoindre avec des amis à elle dans un bar branché – mais pas si cher que ça, heureusement… J’ai donc rencontré Karîm, son copain, Hâchem et Chérîf, deux ingénieurs égyptiens, et Claudia et Sébastien, deux expatriés belges. Elle a suivi son mari qui a travaille ici, et elle est, depuis peu, prof dans la section française d’une école. Tous parlent français, sauf Karîm, donc les discussions étaient la plupart du temps en anglais, mais j’ai aussi pu parler avec Claudia et Hâchem un peu plus activement… J’ai passé une très agréable soirée, et je pense que je les reverrai.

Aujourd’hui, je comptais aller faire une petite balade dans le centre – je n’y suis allé qu’en soirée depuis mon retour – mais finalement, j’ai rejoint Elodie, une amie que j’avais rencontrée l’été dernier, et qui est venue habiter ici pour retrouver son chéri, avec qui elle devrait se marier prochainement. Elle habite à côté de Misr eg-gedîda (Héliopolis), au nord-est du Caire. C’est un quartier que je n’avais jamais eu l’occasion de voir, si ce n’est en le traversant en taxi pour aller à l’aéroport. Nous sommes allés retrouver Muriel, une française tout juste débarquée – pour suivre son copain qui travaille ici – et qui sera aussi à la fac avec nous (je connais donc déjà 3 personnes sur les français présents cette année en L1, il n’en manque que 2).
Nous avons ensuite dû rejoindre son copain. Nous avons donc pris un taxi, avec qui j’ai eu une longue conversation en arabe ! Ca m’a fait plaisir… J’étais loin de tout comprendre, mais avec quelques gestes, et parfois quelques mots d’anglais, on arrivait à se comprendre. J’étais content qu’enfin, on me réponde en arabe et plus en anglais !! Et puis ça m’a montré que je commençais à avoir des petites bases d’arabe…

Timothé, le copain de Muriel, nous a retrouvé devant City Stars, un immense centre commercial à Nasr City – autre quartier au nord-est de la ville – construit par des saoudiens. Et effectivement, une fois les portiques de sécurité passés, on ne se croit plus en Egypte ! Boutiques de vêtements, de chaussures, de tout et n’importe quoi, mais de luxe ! C’est assez étrange comme impression…
Nous avons bu un verre tous ensemble, et c’était fort sympathique. Nous avons partagé nos visions de la vie en Egypte, du voyage, des expatriés, du travail… Vraiment un agréable moment. Puis nous nous sommes séparés en début de soirée, en échangeant les numéros de téléphone, et leur proposant mes services pour une visite « guidée » du Musée du Caire.

Encore des difficultés pour trouver un taxi avec Elodie : « zahma, zahma » répétaient-ils tous – j’ai appris ensuite que ça signifiait « embouteillage » - et c’est vrai que la circulation était particulièrement dense. En plus, c’est la veille du Ramâdan… Mais après de dures négociations, nous en avons finalement trouvé un qui nous déposés devant le métro. Elodie est rentrée chez son copain, et moi j’ai repris le métro jusque la place Et-Tahrîr, puis j’ai marché jusque l’appart.

Soirée calme, repas simple, repos et discussions, puis écriture…