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mardi 23 mars 2010

Pourquoi les Houthis ne peuvent pas être liés à Al Qaeda ?

Les rebelles chiites du nord du Yémen entretiennent des liens avec les sunnites d’Al Qaïda, ont réaffirmé samedi les autorités saoudiennes, tout en admettant n’en avoir aucune preuve.” pouvait-on lire aujourd’hui sur le site internet d’Europe 1 . Cela n’a aucun sens, c’est une énormité, une affirmation sans aucun fondement, et qui ne sert qu’à justifier la guerre du gouvernement (et du royaume saoudien) contre ces rebelles.

Pourquoi cela n’est pas possible ? Tout simplement pour une question d’idéologie : les hommes d’Al Qaeda ont des idées extrémistes, inspirées du wahhabisme et appliquent la doctrine du Takfir - qui permet, dans un nombre restreint de cas, de déchoir un homme de son statut de musulman dans le cas d’une offense particulièrement grave (renier l’unicité de Dieu, insulter ses messages, sorcellerie, etc…) - à tous ceux qu’ils jugent mécréants.....

Lire sur la suite sur : http://echos-moyenorient.blog.lemonde.fr/2010/01/24/pourquoi-les-houthis-ne-peuvent-pas-etre-lies-a-al-qaeda/

vendredi 22 janvier 2010

L’Arabie Saoudite : fausse victime des Houthis

Hier, un article de l’Associated Press (CP) titrait « L’Arabie saoudite a perdu 113 soldats face aux rebelles yéménites » en précisant ensuite que « L’armée saoudienne a lancé cette opération après que des insurgés eurent franchi la frontière saoudienne en provenance du Yémen le 5 novembre dernier, tuant deux gardes-frontières saoudiens. »

Quand va-t-on arrêter de se voiler la face ? Tous les journaux ne cessent de présenter le Yémen et l’Arabie Saoudite comme des victimes de la rébellion Houthi dans le nord du pays. Ils sont présentés comme étant à l’origine de l’affrontement qui les oppose au gouvernement, et à l’origine de l’attaque saoudienne en novembre, qui n’aurait fait que répondre, etc. Non ! La réalité est que l’Arabie Saoudite, qui n’a jamais vu d’un bon œil les Zayidites d’une façon générale, et plus encore depuis le début de la rébellion, a autorisé l’armée yéménite à pénétrer sur son territoire afin de prendre à revers les Houthis et d’en finir une bonne fois pour toute.

Il faut savoir que depuis 2004, début de la révolte, le gouvernement n’a jamais réussi, malgré les bombardements et les attaques terrestres massives – qui en passant ont tué de nombreux civils et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes – à mettre un terme à la rébellion.

Le fait est qu’en novembre, les Houthis a repoussé l’armée yéménite dans la montagne Doukhan après leur tentative de prise à revers. Le royaume saoudien a alors permis une seconde fois au Yémen de pénétrer sur son territoire pour une seconde tentative, mais les Houthis ont à nouveau vaincu l’armée, faisant au passage au cours des affrontements, deux morts parmi les gardes-frontières saoudiens. Ainsi, la réalité n’est pas aussi simple qu’on veut bien le laisser croire et ne résume pas à une attaque des Houthis sur l’Arabie Saoudite qui agirait en légitime-défense… Enfin, juste une petite remarque, toutes les sources concernant cet incident, sont gouvernementales. Il va de soi, que le Yémen ou l’Arabie Saoudite n’avoueront jamais avoir passé un tel accord !

Pour terminer, à l’instar de la majorité des journaux, l’article parle évidemment de « rebelles chiites » en évoquant les Houthis. Ainsi, une nouvelle fois, on définit cette rébellion comme un affrontement entre shi’ites et sunnites. Or, il est nécessaire de comprendre que les revendications des Houthis sont avant tout politiques, et font part d’une volonté d’autonomie et de réformes économiques, suite au désintérêt complet dont ils sont victimes de la part du gouvernement. Ali Abdallah Saleh, le président du Yémen, est lui-même zayidite, comme le sont les Houthis, et bien qu’une partie importante du gouvernement et de l’armée soit sunnite – de rite shafi’ite – il n’en demeure pas moins que le problème religieux est secondaire.

Mais il n’est pas encore venu le temps où les journaux cesseront de privilégier la facilité – évoquer un conflit sunnite/shi’ite – plutôt que de s’attarder sur les réelles implications des faits, dans le but de nous informer correctement…

Benjamin Wiacek

Publié sur : Echos du Moyen Orient

lundi 16 juin 2008

Un mouvement étudiant à la loupe

Après les appels à la grève des 6 avril et 4 mai derniers, interview de Mohammed Mostafa, le porte-parole du mouvement étudiant Haqi, qui a tenté de mobiliser les étudiants à l’Université du Caire.

Quelles sont vos revendications?
Nous réclamons la baisse des frais d’inscriptions qui ont encore augmenté et qui sont largement au-dessus du seuil légal. Nous voulons également que soit respectée la règle interdisant à la police d’entrer dans l’Université. Mais notre objectif principal, c’est le changement. Que cela soit à l’Université, la crise économique actuelle, le régime de Moubarak, ou la situation en Palestine, tout est lié…C’est en avançant lentement mais sur tous les fronts que les choses commenceront à bouger.

Comment est né Haqi ?
Nous avons créé ce mouvement, qui signifie « mon droit » en arabe, il y a un an à peu près. Haqi est le seul mouvement qui réunisse plusieurs tendances : les socialistes ou les nassériens, avec pour but d’offrir une meilleure représentation aux étudiants.

Qu’en est-il des Frères Musulmans, qui sont très présents à l’Université ?
Nous avons essayé de discuter avec eux, de leur demander de l’aide, toujours dans l’optique de rassembler, mais les étudiants restent trop liés au reste de la Confrérie et celle-ci ne veut pas que ses membres participent à d’autres mouvements. Depuis un an, qu’a fait Haqi ?
Nous commençons d’abord par donner confiance aux étudiants, les mobiliser petit à petit. Nous avons organisé plusieurs manifestations et sit-in dans l’Université, et avons participé aux appels à la grève sur Internet.

Pensez vous que les étudiants seront capables de faire évoluer la situation actuelle ?
Les mouvements étudiants sont les plus importants dans le sens où ils réunissent une très large base d’un point de vue social, ce sont donc eux qui touchent le plus de monde. Et ensuite, cela fait remonter les idées…

Quelle place accordez-vous à Internet et notamment à Facebook qui a été largement utilisé lors des contestations de ces dernières semaines ?
Internet est capital. De cette façon, nous touchons aussi beaucoup de monde. Le groupe pour la grève du 6 avril a réuni plus de 70 000 personnes. Puis les arrestations de militants et blogueurs nous ont appris quelque chose : le gouvernement a peur d’Internet. Et s’il a peur, c’est que le changement n’est plus très loin. Il arrivera avec l’accumulation de nombreux éléments différents.

Votre avis sur l’avenir proche de l’Egypte ?
Cela va bientôt changer, d’ici 3 ans au plus tard. Malheureusement d’une façon plutôt chaotique je pense. Mais les Egyptiens sont courageux, résistants, et les un million et demi de policiers des forces spéciales ne les empêchent pas de continuer à protester, même si pour l’instant, rien ne bouge. Quand les mentalités auront évolué, alors tout sera possible. Si l’on doit passer par les Frères avant, alors oui, cela fera un changement. Ca ne durera pas, et après, nous pourrons espérer quelque chose de meilleur.

Traduction Steven LABAT

Et voir l'article sur Alif...

mercredi 7 mai 2008

Des tunnels entre l'Egypte et Gaza

Trois tunnels destinés à la contrebande ont été découverts la semaine dernière à la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza.

Mercredi dernier, les autorités égyptiennes ont découvert trois tunnels au nord de Rafah. Ils étaient vides mais "des traces de pas indiquent qu'ils ont été utilisés récemment" a indiqué un responsable des services de sécurité égyptiens à l’AFP.

Les autorités égyptiennes font souvent état de la découverte de tunnels destinés à la contrebande ou au trafic d’armes vers la bande de Gaza depuis la mi-juin 2007 et la prise du pouvoir par le mouvement islamiste palestinien Hamas, et de façon plus régulière depuis le blocus imposé par Israël en janvier.

En mars, deux Palestiniens avaient péri dans l’effondrement de tunnels, et un troisième avait été grièvement blessé. Israël accuse régulièrement l’Egypte ne pas mobiliser suffisamment ses services et de ne pas en faire assez pour lutter contre ces trafics. Pour le gouvernement israélien, ce sont ces tunnels qui permettent d’alimenter les militants palestiniens qui tirent des roquettes depuis Gaza. Les Etats-Unis accusent également le gouvernement égyptien ne de pas être assez ferme.

"L'Egypte pourrait faire davantage. Il faut s'occuper de ces tunnels", avait affirmé la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice journal israélien Jerusalem Post. "Nous (les Etats-Unis) sommes évidemment prêts à accorder notre assistance, mais la volonté d'agir est très importante dans ce cas", a ajouté la secrétaire d'Etat. Le Caire affirme pourtant tout faire pour lutter contre ces souterrains clandestins.

Blocus israélien

Suite à la brève ouverture de la frontière de Rafah par le Hamas en janvier, les autorités égyptiennes disent avoir arrêté plusieurs palestiniens en possessions d’armes et d’explosifs. Ils projetaient de s’en servir dans des attentats contre des Israéliens dans le Sinaï, avait indiqué un autre responsable de la sécurité.

La bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis le 17 janvier, ce qui la prive de carburant et d’approvisionnement en tout genre. Ces tunnels de contrebande se multiplient suite à la refermeture des points de passage par l'Egypte et le Hamas. L’Etat hébreu insiste quant à lui sur le fait qu’il maintiendra le blocus tant que n'auront pas cessé les tirs de roquettes depuis Gaza sur le sud de son territoire.

Et voir l'article sur Alif...

Horreyya

Sur Midan Falaky, à deux pas de Talaat Harb, se trouve le café Horreyya. Lieu cosmopolite et animé, il est incontournable pour les Cairotes qui s'y retrouvent volontier autour d'un thé ou d'un verre d'alcool. "Un café multiculturel, à l’image du Caire", selon ses habitués.

Les fenêtres sont fermées par des palissades qui cachent l’intérieur depuis la rue. Mais les portes sont ouvertes, et les deux serveurs Milad et Saad vous accueillent chaleureusement avec une Stella dans la main avant même de vous trouver une table et une chaise de libre, l’endroit étant souvent bondé.
Mais Horreyya n’a pas toujours été ainsi. Dans les années 50, l’ambiance était toute autre. Monsieur Farouk, comme on l’appelle, se souvient : "J’y allais déjà avec mon père quand j’étais petit. C’était plus propre, les gens venaient habillés en costume. Ils discutaient dans le calme et jouaient au bridge en fumant le cigare". Les boiseries n’étahttp://nefermaat.egyptos.net/dotclear/ecrire/images/bt_em.png [Emphase] ient pas jaunies par la fumée et c’étaient surtout les classes aisées qui fréquentaient le café.
Aujourd’hui, égyptiens, étrangers, artistes, écrivains, hommes d’affaires, faux guides, hommes, femmes, homosexuels, jeunes ou vieux, tous se retrouvent dans ce café pour boire et pour discuter. Il y a du bruit, les bouteilles recouvrent les tables en marbre lézardées, le sol est noir et jonché de mégots de cigarettes. Un cireur de chaussures fait plusieurs fois le tour de la salle tandis qu’une femme propose quelques journaux. Au mur, une vieille publicité "" dernier signe de la grandeur passée.

Horreyya est un endroit unique en son genre Le café est également ouvert pendant le Ramadan, mais il n’y a pas d’alcool, "tous les gens qui ne jeunent pas viennent ici" me raconte Said, un habitué depuis 7 ans. "Moi je viens pour l’ambiance avant tout, et pendant le Ramadan, je commande un thé, mais je le laisse de côté" rajoute-t-il. Hicham, lui, connait depuis 10 ans ce café, mais vient tous les jours depuis 4 ans. Le regard vif derrière ses lunettes, avec son étui et son porte-cigarette, il est un des personnages phare de Horreyya. "Pour moi, c’est un point de rendez-vous. Je passe ici après une soirée, avant une autre. C’est toujours ici que les gens se retrouvent. C’est une étape obligée" m’explique-t-il.
Anecdote amusante, le café est divisé en deux. "Il y a le côté Hallal à gauche, où l’on joue aux échecs et boit du thé, et à droite, le côté Haram où l’on boit de l’alcool" précise Said. Mais quelque soit la raison de votre première venue, Horreyya ne laisse pas indifférent, et il y a fort à parier pour que vous y reviendrez, ne serait-ce que pour y retrouver des amis…

Photos Bahaa Talis DR

Et voir l'article sur le Petit Journal...