Dimanche 6 août
Par Nefermaât, mercredi 20 septembre 2006 à 15:04 :: Zellidja :: #762 :: rss
Je fais mes préparatifs, mon sac, etc... Je vérifie que je n'oublie rien, et je claque la porte. Ca y est... Je prends un taxi pour la gare. Là, je cherche mon bus, mais il n'y a pas réellement d'indication, et les quelques annonces sonores ne sont pas toujours audibles, et en arabe de toute façon ! Mais en demandant, on m'aide volontiers avec un grand sourire : j'aime vraiment les égyptiens... Mon bus arrive, et je m'installe.
14h30 : on part. "Je pars pour Siwa", je suis heureux. Je m'endors rapidement.
Nous sommes sur la route côtière pour rejoindre Marsa Matrouh : quelques grandes résidences, certainement des hôtels, avec de belles voitures, côté mer, sinon le pays est assez aride, la végétation est sèche, à peine quelques petits arbres et des buissons. Je vois aussi quelques habitations perdues et une mosquée décrépie. On croise d'autres cars, quelques voitures et même des tracteurs, mais la route est loin d'être bondée...
Des dromadaires sauvages courent à côté de la route, c'est amusant, et j'avoue avoir été surpris de les voir là !
Arrivée à Marsa. Le peu que je vois de la ville ne m'attire pas plus que ça. Toujours la même architecture en briques et béton dans la campagne, mais mieux finie, plus propre. Il y a de nombreuses stations services, quelques cafés. Le bus se vide totalement : il ne reste plus que 2 personnes avec moi...
Le chauffeur fait le plein. On n'aurait pas pu trouver un mot plus approprié que celui-là vue la quantité : 1170 litres d'essence... !
Je ne pense pas qu'on soit rentrés dans le centre, je ne vois aucun hôtel, et il n'y a pas un seul européen. Sur les conseils d'Assia, j'ai prévu de venir y passer une ou deux nuits à mon retour de Siwa : j'y verrai d'autres gens, des plages, d'autres images de l'Egypte...
Le chauffeur vient me voir et me fait voir sa montre pour me dire vers quelle heure on devrait arriver, en l'occurrence 20h30, et me demande si je veux aller aux toilettes, je le remercie pour son attention.
Je suis étonné par l'heure : il y a normalement 8h de trajet, je pensais qu'on arriverait plutôt vers 22h30... On verra bien, mais ça ne serait pas plus mal, je pourrais ainsi profiter de ma première soirée.
Le chauffeur appelle "Yalla (allez)!! Siwa, Siwa ! Yalla..." On repart vers 19h40 : je n'ai plus aucun doute sur le fait que nous ne serons pas dans l'oasis à 20h30 !! Il nous reste encore plusieurs centaines de kilomètres vers le sud avant d'arriver...
Le désert est réellement fascinant : une immensité à perte de vue. Pierres et sable partout où je regarde, tandis que la nuit commence à étendre son manteau d'ébène sur le monde. Le ciel chargé de couleurs, cet endroit, la route rectiligne à travers les sables, tout contribue à m'emmener dans un autre monde, et je me perds dans mes pensées... Hormis celle de la Lune, les seules lumières sont celles des camions que l'on croise, celles du bus et parfois, au loin, celles des exploitations pétrolières. Je remarque aussi de temps en temps des bédouins, qui avec les dromadaires, font des signes avec des lampes.
Je n'arrive pas entièrement à distinguer comment est le désert, quel aspect il a, et le jeu d'ombres et de lumières avec la lune et le car laisse supposer des millions de choses...
Un sentiment de nostalgie apparaît : je repense à ces deux premières semaines, et je regrette de n'avoir pas fait plus de rencontres avec des égyptiens : la langue est une fausse barrière, et si j'avais voulu, j'aurais pu réussir à engager la conversation avec plus de monde... Mais ça n'est pas toujours facile, et on n'ose pas toujours malheureusement.
Néanmoins, ces deux semaines furent inoubliables, et les quelques rencontres que j'ai faites furent très enrichissantes...
Un bar... en plein désert ! Il n'y a pas âme qui vive aux alentours, et à part le bar et une petite pièce en construction à côté, il n'y a aucune trace de vie humaine.
La lune est grosse et elle illumine fortement le paysage : un terrain plat, aride, rocailleux, sableux, à perte de vue... mais envoûtant ! Je regarde vers une des étendues solitaires éclairée par la Dame du ciel, et un instant, j'ai envie d'avancer, juste guidé par l'instinct... jusqu'à ce que la raison reprend le dessus. Mais il est vrai que la lumière ambiante donne envie de s'éloigner un peu du bar et de profiter de cet instant. Malheureusement, il y a toujours les ronronnements des moteurs du car et d'une camionnette qui viennent troubler cette quiétude.
Je finis par remonter dans le car : je me mets à écrire. Puis tout s'éteint ! Le moteur est stoppé... Je continue donc à écrire grâce à la lumière de mon portable ("ah technologie quand tu nous tiens !") et à part les voix des personnes dehors, il n'y a plus un bruit...
Dehors justement, il fait bon, et un petit vent frais vient caresser mon visage : que ce moment est agréable ! Il est maintenant 22h15 et cela fait une bonne demi-heure que nous sommes ici... J'avoue être pressé d'arriver à Siwa !
La chauffeur vient de remonter dans le bus et de rallumer le moteur : nous n'allons plus tarder.
Par contre, le bus a beau être climatisé, il n'est pas très confortables : peu de place pour les jambes, surtout quand la personne de devant allonge son dossier, et les sièges sont un peu durs : mes courbatures de cheval décide de ce moment pour refaire leur apparition à mon plus grand malheur... !
Je finis par m'endormir dans le bus, bercé par les secousses et un peu de musique. Je me réveille vers minuit constatant que nous ne sommes toujours pas arrivés... quoique... En effet, j'aperçois de nombreux réverbères là-bas : le chauffeur allume la lumière, me donne confirmation. Après deux trois arrêts, on arrive au terminus dans le centre.
Plein de jeunes garçons me proposent un taxi, ou d'aller dans tel ou tel hôtel ; moi je commence par prendre mon sac !
Puis je demande la direction du Youssef Hotel : on insiste pour le taxi – qui est en fait la voiture d'un particulière qui voudrait me faire payer le service – mais je refuse, je veux marcher, je dois avoir un kilomètre maximum à faire ! Le jeune repart à vélo, et un homme me montre le chemin, il met dit : "C'est un mauvais garçon. Tu m'as dit que tu avais une réservation au Youssef Hotel, ok ! Je ne peux pas te faire quitter ton hôtel pour un autre."
Il m'explique le chemin puis repart après m'avoir serré la main... Mon premier contact fut très sympathique. Je trouve l'hôtel, je visite la chambre – très basique mais correcte. A 12LE la nuit, il est normal qu'elle soit un peu plus spartiate que celle que j'ai quitté à Alexandrie... ! Le patron me dit de laisser la porte ouverte afin de faire une circulation d'air, mais je préfère la fermer, au moins pour cette nuit, on verra ensuite.
Ca y est, je suis sur mon lit, prêt à dormir : il est 1h, je suis crevé, mais heureux !
Commentaires
1. Le jeudi 9 décembre 2010 à 02:04, par air jordan shoes
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