Cruel ennui que le mien en ce triste soir,
J’aimerais que dans mon cœur il cesse de pleuvoir,
Que mon esprit sorte du fond de cet abîme,
Où mon âme semble emprisonnée pour toujours :
Elle s’est donnée pour aimer ; ce terrible crime !

Seul dans cette triste chambre, je suis si las
De tant me demander pourquoi Elle n’est pas là.
J’imagine son beau visage et ses cheveux.
Ah ! Et sa bouche attirante comme l’amour.
Je serai prêt à me damner si elle le veut !

La terrible espérance fait pleurer mon cœur,
Qui une fois de plus se noie dans tous ces pleurs,
Car je hais tant cette attente désespérée,
Durant laquelle très vite le goût s’enfuit,
Pour laisser place à une vie assassinée.

Belle de mes nuits, Meurtrière de mon âme,
Tu me blesses ainsi avec ta fine lame,
Laissant s’écouler un flot de rêves brisés.
La nuit très lentement arrive jusqu’ici,
Et comme un poison m’envahit de ses effets...