Vendredi 21 juillet (2e partie)
Par Nefermaât, mercredi 13 septembre 2006 à 10:56 :: Zellidja :: #437 :: rss
Suit la visite du musée, et une série de photos dans le jardin. Je fais le tour pour admirer les différentes œuvres exposées dehors... J'arrive derrière le musée où je fais la photo d'un superbe sarcophage. A peine la photo prise, un garde arrive et me fait comprendre que je n'ai pas le droit d'être là... "Ah ?" Je fais donc demi tour.
Il faut chaud, et la soif me tiraille la gorge... Ce n'est pas la foule que j'avais connue la première fois, et il m'arrive souvent de me retrouver seul dans une salle pendant plusieurs minutes. Quelle impression incroyable ! C'est envoûtant, des œuvres millénaires m'entourent et moi je les détaille, comme un témoin du temps, seul dans ce magnifique musée... J'observe les groupes de touristes qui visitent comme moi : français, anglais, allemands, espagnols, russes, mais aussi arabes. Beaucoup d'égyptiens, ou touristes arabes, viennent ici. Et parmi les métiers qui dépendent du tourisme, celui de guide : il y en a tellement ! Pour tous les groupes que j'ai cités, ils leur expliquent plus ou moins bien la signification des œuvres qu'ils ont devant eux. Certains sortent les trois quatre mots d'anglais qu'ils connaissent ou qu'ils ont appris par cœur sur tel ou tel objet, puis enchaînent aussi vite sur un autre, quinze mètres plus loin ! Je plains les touristes qui tombent sur des guides comme ça ! Mais cela permettra tout de même à ces derniers d'améliorer leur quotidien, ce qui n'est pas négligeable...
Après 3h de visite pour le rez-de-chaussée, je ressors, non sans un certain soulagement, car je vais bientôt pouvoir reposer mes pieds ! Rentré à l'hôtel, je m'allonge, j'écris un peu, et je cherche le coin où je pourrais aller demain. Il faut que j'appelle Sameh, un égyptien avec qui j'ai pris contact grâce à une française, Elodie, rencontrée sur les forums du Routard, et qui partait deux semaines en Egypte. On doit se rencontrer à trois au Caire. J'aimerais aussi commencer à me balader dans le quartier islamique et le Khan el-Khalili. Je crois que je vais déjà y aller ce soir pour boire un verre dans un café réputé.
Je pense d'un seul coup qu'il faut aussi que j'arrive à joindre rapidement Aude, une ancienne lauréate Zellidja, qui avait proposé de m'héberger à Alexandrie. Parce que sans ça, je dois réserver un hôtel de toute urgence, à cette période, les cairotes en vacances envahissent la ville !
Je me mets à chercher un cyber café : il devait s'en trouver un au rez-de-chaussée de l'immeuble, mais il n'en est rien. Je demande au bawab qui m'en indique un dans une petite rue juste à côté. Je paye 3LE pour 1h de connexion... J'en profite pour donner quelques nouvelles aux parents, aux amis, et regarder mes mails : je fais bien car j'en ai reçu un d'Aude.
Je décide ensuite d'aller goûter une des grandes spécialités égyptiennes : taameya, ou falafel, et je me fie à mes deux guides qui me recommandent le même restaurant. Pour y aller, je prend la sharia Talaat Harb : la rue est bondée !! Aussi bien sur les trottoirs que sur la chaussée. On dirait que les 17 millions d'habitants du Caire se sont retrouvés ici. Une foule à pied ou en voiture se mélange et se presse dans un concert de klaxons... Des gros panneaux lumineux "Lipton" sont accrochés aux lampadaires, et les enseignes des magasins éclairent la rue de mille feux. Quasiment pas de touristes, du moins occidentaux. Il n'y a que des égyptiens : certains, en costume, rentrent certainement du travail, d'autres en famille se baladent, ou d'autres encore qui sortent du cinéma ou font les boutiques. D'ailleurs celles-ci ne vendent pour la plupart que des vêtements : de beaux costumes dans les vitrines avec des photos de mannequins occidentaux, ou des habits pour femmes, débardeurs, petits hauts, jupes... Ce qui est amusant et paradoxal, c'est que toutes celles qui sont à l'intérieur sont voilées, de la tête aux pieds pour certaines, alors que beaucoup des vêtements sont assez osés...!
Quand vous découvrez une ville en France et que par exemple vous cherchez un bon resto dont vous avez l'adresse, vous trouvez la rue, et vous vous en approchez, puis grâce au numéro vous trouvez (parfois même simplement grâce à l'enseigne). Ici c'est différent ! Une fois dans la bonne rue, le plus dur reste à faire : les numéros sont inscrits, en arabe – enfin, dans le monde arabe, à part le Maghreb, on utilise des chiffres indiens, différents des chiffres arabes que nous connaissons – une fois sur cinq, et les enseignes sont pour ainsi dire toutes en arabe ! Je rentre dans un premier établissement mais c'est en réalité un café. Je pense finalement avoir trouvé le bon. Je m'assoie, quelqu'un m'apporte de l'eau et reviens me voir pour la commande : ils n'ont pas ce que je veux ! Capitulant, je reste là et commande un kebab avec du poulet. Ce n'est vraiment pas facile de se faire comprendre, aussi bien en anglais qu'en arabe... D'ailleurs j'eus un doute, vu l'attente, que le serveur n'ait pas compris ma commande, mais je fus rassuré quand je le vis revenir avec un plat.
C'est mon premier repas avec de la viande depuis que je suis arrivé, j'apprécie. Néanmoins je suis déçu, j'aurais du me trouver dans un resto bondé, à l'ambiance conviviale à manger une spécialité locale, et je me trouve dans une salle presque vide à manger un kebab... Fatigué, je rentre direct dans ma chambre.
Meilleure journée qu'hier, mais je suis usé. Et je ne ressens pas encore l'enthousiasme attendu : les seules personnes avec qui j'ai échangé plus que deux mots ont voulu me vendre quelque chose, et à partir du moment où il est clair pour elles que je n'achèterai rien, le silence se fait presque... Réponses très brèves à mes questions, et j'essaye de parler du projet que je fais, cela ne suscite ni intérêt, ni réaction !
Il est certain que d'être ici, de voir, m'aide pour le thème, cela me donne des éléments de réponse, mais je ne peux rester tout seul. Et je voudrais éviter de visiter un magasin et de devoir refuser d'acheter à chaque fois que je parle à quelqu'un !!
J'ai réussi à joindre Aude : elle ne sera pas là, mais je pourrai tout de même loger dans l'appartement ; sa colocataire, Assia, sera présente. J'ai aussi appelé Sameh et Elodie : ils avaient prévu d'aller au musée... Comme je n'en ai fait que la moitié et que c'est juste à côté, on y va ensemble demain. Je dois juste le rappeler pour fixer un rendez vous demain matin. Je pense que ça apportera de nouvelles choses, et je suis content de les rencontrer...
Je retourne sur la terrasse où je retrouve Germain et l'anthropologue suisse. Ils me parlent d'Alexandrie, de sa diversité et sa richesse culturelle. J'avoue que leurs propos me donnent vraiment envie de la visiter, même si je me suis promis de n'arriver avec aucun a priori, pour ne pas être déçu. Elle nous quitte car elle part demain pour Alexandrie avant de partir à Siwa : elle ne sera plus là quand moi j'arriverai, c'est dommage. En tout cas, elle a l'air fascinée par cet endroit qui semble être magique. Je continue à parler un long moment avec Germain. Je lui pose des questions sur son parcours, son travail... Il est espagnol et travaille pour l'université de Barcelone. Le travail de linguiste n'est pas des plus faciles, mais il est très intéressant. Puis nous rentrons dans des discussions un peu plus poussées sur certains points de la langue égyptienne et des hiéroglyphes... Je finis par le laisser, gagné par la fatigue, et désolé d'interrompre une si intéressante conversation !
Je me couche avec l'espoir que mon séjour me permette de mener à bien l'étude que je souhaite entreprendre, et que j'arriverai à rencontrer des gens sympathiques avec qui je pourrai avoir de longues et enrichissantes conversations sur l'Egypte et la vie dans ce pays...
Commentaires
1. Le mercredi 25 janvier 2012 à 14:17, par Pret Aer Conditionat
Ajouter un commentaire