Le site de Nefermaat

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mercredi 27 août 2008

Et pourtant...

Un ciel nuageux, une douce pluie d’été, des étoiles voilées et un ange venu des cieux… Elle a surgi au détour de sa vie, le caressant de ses grandes ailes blanches. Il ne s’y attendait pas, elle ne le voulait pas, et pourtant…
L’histoire était écrite, le destin prenait les choses en main, son coeur s’était ouvert à nouveau. Guidé dans un monde qu’il connaissait mal, l’emmenant malgré elle dans un amour qu’il recherchait, il plongea. Ses pensées se bousculaient et la torturaient, son cœur blessé était scellé, leur rencontre n’avait pas de sens, et pourtant…
Lui le rêveur, l’idéaliste, a espéré, a cru pouvoir, a même cru réussir. On veut tellement faire quand on aime, on se sent tellement capable de tout. Ils se sont plus, ils se sont embrassés… Elle ne pouvait pas, il n’était rien, c’était encore trop tôt, ça n’est pas le moment, et pourtant…
Elle lui a fait découvrir des choses, elle l’a émerveillé, elle lui a rendu espoir… Il lui a apporté sa tendresse, il a partagé ses rêves, il a tenté d’occulter son désespoir, et pourtant…
Le soleil brille, le vent est frais, la soirée est douce. Le monde ne tourne plus rond. Les guerres, les pleurs, les cauchemars, les cris, les morts, les souffrances, les mensonges… Il a toujours voulu se battre, il a souvent tenté de les combattre, il a essayé de la sauver, il a commencé par l’aimer, et pourtant…
Elle s’est donnée corps et âme, elle est aussi entière que lui, son cœur la dirige sans raison, elle ne peut cependant qu’y être fidèle. Ce passé trop peu éloigné l’a rattrapée, elle s’y est jetée, elle a de nouveau pleuré. L’erreur, le doute, la passion, la folie, la maladie… Elle a toujours mal, sa présence n’a pas suffi, et pourtant…
Il a repris confiance l’espace d’un moment, elle a été heureuse pendant quelques instants, il va s’éloigner, elle s’est envolée. L’ange a disparu, il n’aura rien changé, elle aura perdu quelques plumes, il aura retrouvé la sienne. Les rues, les places, les drapeaux, les cafés, les jardins, les vignes, les forêts… Des instants à jamais gravés, des larmes qui ne cessent de couler, un cœur qui bat trop fort, une fumée qui s’évapore. Elle l’a quitté, il l’a embrassée, et pourtant…
Comment avoir foi quand on regarde ce si sombre passé ? Une musique emporte les rêves. Il regarde le ciel « C’est beau. Ca ferait presque espérer qu’il existe encore de belles choses dans ce monde… » « Mais oui, bien sûr ! » Et pourtant…
Et pourtant…
Si les belles ne pleuraient pas
Si la souffrance n’était pas une loi
Et pourtant…
Si les Etats n’oubliaient pas leurs idéaux
Si on ne bafouait pas ce qui est beau
Et pourtant…
Si les mots déterminaient l’avenir
Si la tendresse faisait sourire
Et pourtant…
S’il n’était pas tombé aussi vite amoureux
S’il ne rêvait pas autant d'être heureux à deux
Et pourtant…
S’il avait pu faire quelque chose pour elle
Si elle avait accepté d’être sa belle
Et pourtant…
Pourtant c’est ainsi. Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, et comme il va si mal, peut-être devrions-nous avancer l’heure de notre réveil, et tenter de faire des merveilles. Certains méritent qu’on se batte pour eux, la passé nécessite qu’on ne l’oublie pas… Espérons qu’avec le temps et de l’espoir…
Et pourtant…

vendredi 15 août 2008

Submergé...

Pas un bruit. Le silence. Quelques oiseaux se mettent à chanter, la brume se dissipe, et la rosée s’évapore peu à peu. Sérénité et violence.
Le soleil caresse la ville de ses premiers rayons, la vie s’éveille lentement, et il la traverse tout en douceur. Calme et désordre.
Il est si troublé, le contraste est si fort entre la quiétude du matin et le bouillonnement de son esprit. Un geyser se lève, puissant, sûr et franc. Il tente de rejoindre le ciel. Cette eau qui coule, ruisselle, afflue en masse, lui évoque ce tourbillon qui l’emporte sans qu’il puisse même imaginer le combattre. Comment aurait-il pu imaginer être ainsi touché, aussi profondément, à une époque aussi particulière ? Lui qui ne croyait plus malgré son espoir, lui qui n’aimait plus…
Il vogue entre deux eaux, porté par le flot de ses sentiments qui le débordent et tente de maintenir le cap. Un klaxon le fait sursauter mais il rêve, avance tel un somnambule. Ses pieds le guident sans qu’il sache vers quelle destination ils le mènent. La fraicheur du matin le fait frissonner et les souvenirs l’envahissent.
Ses yeux qui le dévisagent, son sourire qui l’illumine, ses mains qu’il serre, sa peau qu’il caresse, son odeur qu’il respire, ses lèvres qu’il embrasse… Aussi clair qu’un ciel bleu d’été, il sait qu’il a basculé, qu’il ne peut plus rien, il ne lui sert à rien de se voiler la face, il en est tombé amoureux… Il était loin de sa terre, loin de son désert, loin de ces gens si ouverts, et pourtant…
Quelques légers nuages ponctuent le ciel de tâches blanches, ne faisant que renforcer la beauté de cet éternel plafond, comme s’il fallait prouver au monde qu’une petite imperfection ne fait que mettre plus en valeur ce qui l’entoure, comme si cette tristesse qui l’accable n’était là que pour décupler son amour.
Elle ne peut le recevoir, son cœur n’est pas prêt. Comment peut-on autant blesser le saint des saints des sentiments, le sanctuaire de la tendresse, le paradis des amoureux ? Cette douleur, cette souffrance ont fini par déposer une pellicule que l’on ne peut éroder aussi facilement. Seuls le temps et la plus douce des attentions pourront un jour rouvrir ce lieu si sacré.
Le paysage défile tout autour de lui. Vert, jaune, bleu, gris, rouge. Les couleurs s’enchainent et se mélangent pour former une étrange mosaïque. Le bruit du moteur et de la musique ne réussissent pourtant pas à couvrir le vacarme de ses pensées. Il accélère. L’aiguille monte sur le compteur, il se cramponne, et fonce. Il file vers ses rêves, propulsé par son espoir démesuré. Elle est là, si proche de lui. Il sent encore sa présence contre lui. Elle l’accompagne, elle est sa passagère dans ce rêve de réalité, de vie, de douceur et de tendresse, de passion et de folie, dans ce désir de bonheur, d’avenir, d’amour…

Aparté

Douce surprise de la vie
Qui réchauffe et emporte
Un cœur désireux d’infini
Balayé de sensations fortes…

Une étreinte hors du temps
Un tendre baiser langoureux
En silence très lentement
Puis intense et fougueux…

Trouble du cœur et de l’esprit
Partage de sentiments et d’idées
Mais la vie l’a décidé ainsi
Il n’y a pas moyen de continuer…

Cette passion vécue et rêvée
Bouleverse le calme apparent
D’une fraiche nuit étoilée
Où là-haut défilent les ans…

Je n’y croyais vraiment plus
Une attente toujours blessée
Mais un renouveau est apparu
Et m’a vraiment apaisé…

Instant éphémère ou éternel
Le destin choisit le chemin
Cette merveilleuse nuit si belle
M’accompagnera jusque la fin…


A J. la B. ...