Le site de Nefermaat

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 7 mai 2008

Horreyya

Sur Midan Falaky, à deux pas de Talaat Harb, se trouve le café Horreyya. Lieu cosmopolite et animé, il est incontournable pour les Cairotes qui s'y retrouvent volontier autour d'un thé ou d'un verre d'alcool. "Un café multiculturel, à l’image du Caire", selon ses habitués.

Les fenêtres sont fermées par des palissades qui cachent l’intérieur depuis la rue. Mais les portes sont ouvertes, et les deux serveurs Milad et Saad vous accueillent chaleureusement avec une Stella dans la main avant même de vous trouver une table et une chaise de libre, l’endroit étant souvent bondé.
Mais Horreyya n’a pas toujours été ainsi. Dans les années 50, l’ambiance était toute autre. Monsieur Farouk, comme on l’appelle, se souvient : "J’y allais déjà avec mon père quand j’étais petit. C’était plus propre, les gens venaient habillés en costume. Ils discutaient dans le calme et jouaient au bridge en fumant le cigare". Les boiseries n’étahttp://nefermaat.egyptos.net/dotclear/ecrire/images/bt_em.png [Emphase] ient pas jaunies par la fumée et c’étaient surtout les classes aisées qui fréquentaient le café.
Aujourd’hui, égyptiens, étrangers, artistes, écrivains, hommes d’affaires, faux guides, hommes, femmes, homosexuels, jeunes ou vieux, tous se retrouvent dans ce café pour boire et pour discuter. Il y a du bruit, les bouteilles recouvrent les tables en marbre lézardées, le sol est noir et jonché de mégots de cigarettes. Un cireur de chaussures fait plusieurs fois le tour de la salle tandis qu’une femme propose quelques journaux. Au mur, une vieille publicité "" dernier signe de la grandeur passée.

Horreyya est un endroit unique en son genre Le café est également ouvert pendant le Ramadan, mais il n’y a pas d’alcool, "tous les gens qui ne jeunent pas viennent ici" me raconte Said, un habitué depuis 7 ans. "Moi je viens pour l’ambiance avant tout, et pendant le Ramadan, je commande un thé, mais je le laisse de côté" rajoute-t-il. Hicham, lui, connait depuis 10 ans ce café, mais vient tous les jours depuis 4 ans. Le regard vif derrière ses lunettes, avec son étui et son porte-cigarette, il est un des personnages phare de Horreyya. "Pour moi, c’est un point de rendez-vous. Je passe ici après une soirée, avant une autre. C’est toujours ici que les gens se retrouvent. C’est une étape obligée" m’explique-t-il.
Anecdote amusante, le café est divisé en deux. "Il y a le côté Hallal à gauche, où l’on joue aux échecs et boit du thé, et à droite, le côté Haram où l’on boit de l’alcool" précise Said. Mais quelque soit la raison de votre première venue, Horreyya ne laisse pas indifférent, et il y a fort à parier pour que vous y reviendrez, ne serait-ce que pour y retrouver des amis…

Photos Bahaa Talis DR

Et voir l'article sur le Petit Journal...

Balade...

Douce présence qui flatte et rassure certainement, mais qui perturbe également. Calme apparent des sentiments mais passion enfouie de la folie…

Rue déserte, j’aime entendre le bruit de mes pas sur le trottoir, comme un rythme posé qui guide mes pensées. Et les lumières éblouissent mon âme de milles nuances colorées. Un vent délicieux vient caresser ma peau et fait voler mes longs cheveux. La fraicheur de l’eau fait frissonner ma peau mais envoute mon âme avide de liberté.

Qui suis-je ? Où vais-je ? Une intense sérénité m’habite, une pureté retrouvée. Des projets fous, des rêves insensés, c’est toujours mon cœur qui me guide tandis que je fixe quelques mots, accoudé sur la rambarde à regarder la Vie qui s’écoule lentement dans la nuit…

Nobles, majestueux et puissants, deux lions montent la garde et ouvrent le chemin vers un monde de rêve et de magie. La ville ne dort que d’un œil, et quelques voitures, quelques passants poursuivent leur destinée alors que je les observe d’un regard pensif…

Aux bruits de la ville se mélangent ceux de l’eau et des remous. La brise caresse le fleuve et sa surface change à chaque seconde. Eternel mouvement pour un fugace dessin. Quelques clochettes tintent au claquement des sabots. Je suis secoué, je tremble même par moments, et mon esprit s’envole pour d’autres rêveries fantastiques, vers de nouvelles contrées peuplées d’un idéalisme acharné et d’un amour exacerbé. Le Pont aux Lions, porte vers la passion…

Etrange dualité de la vie : néons et chant des oiseaux, klaxons et clarté de la nuit, hôtels et appel du muezzin… Paradoxe inconstant d’une vie millénaire. Je marche sans trop savoir où je vais ; je rêve sans trop savoir où je suis ; j’espère sans trop savoir d’où je viens… A cheval entre deux mondes, deux univers, deux pensées. Comme un tendre couple enlacé qui fonce vers l’avenir. Et poussé par le vent du fleuve, source de vie, je continue mon chemin infini…

Modeste coin de verdure où le calme et la beauté perdurent. Ilot de fraicheur, fouetté par ce vent de bonheur, loin de toute clameur. Et voici que s’élève, derrière un voile de pudeur, la lumière de la Vie. Majestueuse apparition qui réchauffe la terre après cette longue nuit de ténèbres… Son éclat rayonne parmi les cieux et annonce le début d’une nouvelle vie. Cette balade de rêve s’achève ici. Mes derniers mots se perdront dans le vent réchauffé qui emporte mes pensées vers un pays de douce poésie…