mardi 12 février 2008
Finale CAN 2008, la foule déboule place Tahrir
Par Nefermaât, mardi 12 février 2008 à 13:14 :: Un rêveur en Egypte...
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mardi 12 février 2008
Par Nefermaât, mardi 12 février 2008 à 13:14 :: Un rêveur en Egypte...
Par Nefermaât, mardi 12 février 2008 à 13:13 :: Un rêveur en Egypte...
Nous sommes dimanche soir, dans quelques heures se jouera la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, opposant une nouvelle fois l’Egypte – vainqueur déjà il y a 2 ans – au Cameroun. Je me dirige vers le Centre Ville pour manger un morceau avant le match. Les rues sont bondées, tout le monde veut rentrer chez soi avant le début du match, et vu les embouteillages, je ne sais pas si tout le monde arrivera à temps…
Il reste ¾ d’heure, mais certains cafés dont déjà plein. J’arrive à en trouver un, mais ils finissent par fermer les portes pour empêcher tout le monde de rentrer. Nous sommes tous collés les uns aux autres sur des petites chaises, et regardant la télé dans le coin. Certains ont des drapeaux, d’autres sont légèrement maquillés, mais ça n’est pas encore l’ambiance survoltée que l’on peut connaitre en France lors d’une finale de Coupe du Monde.
Je viens de réaliser que j’ai oublié mon appareil. Dommage, si l’Egypte gagne – ce que j’espère très sincèrement au fond de moi – je ne pourrais immortaliser ce moment.
Le match commence. Les commentaires fusent. C’est assez serré entre les deux équipes, et plusieurs fois la foule se lève en criant, mais c’est toujours une fausse joie. Les « Yalla Misr » « Al hamdullah » ou « Insha’allah » (allez l’Egypte, grâce à Dieu, si Dieu le veut) donnent le ton. Une mi-temps qui voit les deux équipes toujours à égalité, score nul.
Je bois un thé, et je commence à redouter des prolongations, voire des tirs au but : pour une finale c’est triste, même si c’est de cette façon que l’Egypte avait battu la Côte d’Ivoire en 2006. Mais arrive le but de la délivrance : une passe de Zidan – surnommé Zizou, ça ne s’invente pas – pour Abou Trika, le meilleur joueur, et le ballon arrive aux fons des filets camerounais : c’est la liesse ! Tout le monde crie, chante, on monte sur les chaises. Mais il reste encore à jouer, et quelques sueurs froides nous font compter les minutes avant le coup de sifflet final.
Les portes du café s’ouvrent, et tout le monde sort en courant sur la place Tahrir : les klaxons retentissent encore plus que d’habitude, certains crient, d’autres jouent du tambour. La place est envahie par une foule rouge et noire qui exulte de joie. On fait la route, on scande les noms d’Abou Trika et Hadari, le gardien égyptien. Ca n’est pas mon équipe, mais c’est comme si, et je danse avec tous les autres. Les drapeaux, petits ou immenses, sont partout et l’on ne peut que sourire en se laissant porter par la joie ambiante.
Je retrouve Elsa près du Musée Egyptien, et l’on retrouve la foule sur la Corniche. Toujours les mêmes chants au nom des joueurs et de l’Egypte. On prend des photos avec les gens – heureusement, Elsa a son appareil – j’en porte un sur mes épaules pour qu’il puisse crier et la foule lui répondre. Tout le Caire fête la victoire : l’Egypte a consacré sa domination en football sur l’Afrique en remportant pour la 6e fois de son histoire le trophée.
On suit le cortège au rythme des tambours et des klaxons. On monte sur un pont et on traverse le Nil pour animer toutes les rues du Caire. Après le centre-ville, c’est Gezira, Doqqi, puis Mohandessen – quartiers de la ville. Là, on arrive sur la grande avenue Gamaa El Dawal – surnommée les « Champs Elysées égyptiens » - où toute la foule se trouve. L’avenue est noire de monde – même si ça n’est pas encore comme le 12 juillet 98 en France…
Au bout des 3h de fête, nous décidons de rentrer, les cours attendent Elsa et j’ai un partiel important le lendemain : dommage !! Mais ça n’est pas encore fini, car en effet, les rues étant bloquées, on ne peut prendre un taxi, et nous tournons un long moment à essayer de retrouver une station de métro. Finalement, nous ferons tout le trajet à pied.
Certains quartiers sont plus calmes, mais il y a toujours des groupes maquillés et avec des drapeaux. Et les voitures ne cessent pas de klaxonner…
Je finis par me coucher, épuisé mais heureux : l’Egypte a gagné !
mardi 5 février 2008
Par Nefermaât, mardi 5 février 2008 à 15:34 :: Egypte et Monde Arabe
Mercredi 23 janvier. Le Hamas a fait sauter des charges explosives sur la frontière de Rafah entre la Bande de Gaza et l’Egypte dans la nuit. Aussitôt, des centaines de milliers de Palestiniens – plus de 750 000, selon l’ONU vendredi soir – commencent à traverser la frontière pour aller se ravitailler en Egypte et survivre au blocus israélien : nourriture, vêtements, groupes électrogènes, cigarettes, ciment, essence, pneus, mais aussi des vaches et des moutons, et pour ceux qui ont les moyens, de l’électroménager voire des motos… Ils vont dans la partie égyptienne de Rafah ou, comme beaucoup, continuent jusque la ville côtière d’El Arish à 45 km.
La ville est animée comme jamais, les magasins sont dévalisés et les hôtels sont fermés. "Il est interdit de loger des Palestiniens, m'explique le patron d'un hôtel, on veut éviter un débordement." Les Palestiniens essayent tout de même mais la plupart du temps sans succès. Ils dorment donc sur des trottoirs ou sur la plage, autour de petits feux de fortune. "On vient de Rafah, me raconte Hamaad sur la plage. On est venus pour voir autre chose mais surtout pour acheter de quoi vivre correctement avec le blocus. Mais on veut rentrer vite ensuite, nos familles nous attendent et puis notre terre, c'est la Palestine, pas ici.
Sur la route de Rafah, le trafic est intense. Il faut passer par un petit chemin de terre pour accéder à la brèche, puis la route étant bouchée, terminer à pied. Des marchands continuent à vendre leurs marchandises et plusieurs personnes proposent de changer des livres en shekels.
Une palissade tordue en métal à terre, des barbelés déchirés, une barrière de policiers, un drapeau palestinien qui flotte au vent, des cris, un flot incessant de personnes : tel est le nouveau point de passage entre l’Egypte et la bande de Gaza. Un service d’ordre égyptien fait passer les gens dans un sens puis dans l’autre, mais tout le monde peut traverser. "Doucement, attendez ! Doucement ! crient les soldats égyptiens à la foule qui se presse contre eux. "Yalla, allez y maintenant !" Et le flot de personnes se déverse : on rentre en Palestine. De l’autre côté, des journalistes filment la scène depuis le toit d’un camion, et on aperçoit derrière les façades criblées de balles de la partie palestinienne de Rafah. Celle-ci est très calme d’ailleurs comparée à l’agitation qui règne à la frontière.
Enfin, pour revenir à El Arish, il faut attendre au bord de la route qu’un camion s’arrête : on est une trentaine à monter dans la benne en s’accrochant comme on peut, serrés les uns contre les autres. Le camion sort de la route pour passer par des petits villages afin d’éviter les check-points de la route principale. Là, les gens nous courent après, crient de joie, certains nous lancent même à boire et à manger tandis que d’autres applaudissent.
Il y a fort à parier que cet évènement marquera un tournant dans le conflit israélo-palestinien : un mur est tombé, une page est tournée.
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Par Nefermaât, mardi 5 février 2008 à 15:06 :: Un rêveur en Egypte...