Mercredi, j’avais rendez vous avec Lamah, une étudiante de la fac, avec qui je dialoguais par internet, qui m’avait proposé de m’emmener pour que je puisse terminer ma préinscription. Nous y sommes donc allés avec 2 de ses amies, qui sont aussi étudiantes à l’IDAI (la fac de droit que je vais faire). Chemin faisant dans une circulation toujours aussi dense, je me suis fait la remarque que les voitures avec boite auto étaient favorisées ici : pas de vitesses à passer, ni de rétrogadage d’urgence, donc plus de temps pour regarder partout autour de soi ! Le point le plus important, c’est d’avoir d’excellents freins, et une reprise du tonnerre… Avec ça, ça doit « bien » se passer !
Le campus est immense, et le bâtiment central de l’administration est surmonté d’un immense dôme, c’est assez impressionnant. Arrivé au bon endroit – facile à trouver – je rentre dans le bureau du coordinateur de la filière, précisant que je viens pour finir une préinscription. Il me demande mon nom, et s’exclame aussitôt :
- Ah on vous attendait. On a beaucoup entendu parler de vous !
- Ah ? Et bien…
- Oh en bien, je vous rassure… Benjamin c’est ça ?
- Euh, oui oui, c’est bien ça !
Quel accueil ! Ca fait plaisir… Il m’a ensuite expliqué un peu comment ça se passait, le fonctionnement de la fac en général, etc… Puis la rentrée, l’inscription, les frais. Bref, je sens que ça va me plaire.
Enfin, avec 2 autres amis aux filles, on est tous allés boire un verre dans un café sympa.
Fin de journée très agréable.
Jeudi, j’avais une mission très importante : faire des doubles des clés ! En effet, il n’y en a que 2, et nous sommes 4 ! Depuis mardi, on arrive toujours à s’arranger, il y a toujours quelqu’un de présent, mais aujourd’hui Gwen part à Siwa pour 2 jours, et prends bien sur une clé pour être sûre de pouvoir rentrer dans la nuit de samedi. Alors une clé pour 3, ça fait « short »…
Le problème, c’est que mardi en arrivant, j’étais déjà allé voir un serrurier pour qu’il me fasse 2 clés supplémentaires, mais il avait refusé, prétextant qu’elles ne se faisaient plus (la serrure date du mois d’août…) On a donc envoyé notre super bawab en espérant qu’il ait plus de succès, mais il est revenu bredouille !! C’est quand même très rare, parce que généralement, le bawab réussit toujours à trouver une combine pour arranger les choses…
N’ayant aucune idée d’un autre endroit où nous aurions plus de succès, Gwen m’a passé le numéro d’une amie à elle – une française qui vient d’ouvrir un resto dans le coin – car c’est elle qui avait fait refaire la serrure… Elle est arrivée plus tard avec un des chefs du resto, ils m’ont pris, et il nous a emmené dans un petit quartier très populaire. Il a pris la clé, est sorti de la voiture, et est revenu 10 min plus tard avec 2 clés en plus ! Et voilà !! Le tour est joué...
C’est ce que j’aime en Egypte : tout finit toujours bien ! C’est parfois très long, on apprend à devenir patient, mais on finit toujours par trouver un moyen pour obtenir ce qu’on voulait, il faut prendre le temps, et avoir confiance : insha’allah ! C’est sur, ce problème de clés est ridicule, et ça n’a rien de dramatique, mais c’est aussi valable pour tellement de choses que… Et si vous aviez vu mon large sourire dans la voiture, en réalisant ce qu’il se passait : un problème de clé, j’appelle une dame que je ne connais pas, elle vient avec un mec de son restaurant qui nous emmène et règle le truc en moins de temps qu’il en faut pour le dire… c’est quand même assez extra !!
Le soir, il y avait un apéro sur une felouque sur le Nil, avec des expatriés français, et autres francophones. Je pensais que ça serait un moment sympa, mais l’a priori que j’avais sur les expatriés s’est vu confirmé. Nous étions une vingtaine,http://nefermaat.egyptos.net/dotclear/ecrire/poster.php?post_id=565
Billet - Le site de Nefermaat - DotClear 1.2.7 j’ai parlé avec quelques personnes. C’était bien, mais ça n’est pas le même monde ! Beaucoup sont ici pour raison professionnelle : les maris travaillent dans la diplomatie, ou de grosses sociétés internationales, tandis que les femmes sont « entretenues » (mot employé par l’une d’elle). Ils ne sont pas vraiment là pour l’amour du pays, mais plutôt parce qu’ils ont la belle vie, font ainsi partie « des classes sociales supérieures », etc… Je ne pense pas que ces personnes aient beaucoup à m’apprendre sur l’Egypte : des français qui vivent ici comme en France, avec la même mentalité, bref ! Mais j’ai tout de même passé un moment très agréable, car la balade sur le Nil fut des plus relaxante, et plutôt que de suivre les discussions de chacun sur leurs petits soucis, je me suis perdu dans la contemplation du Fleuve et du paysage...
En rentrant, j’ai proposé à Nadia et à Aude de les emmener dans un café très calme à 5-10 min de l’appart, où j’étais allé mercredi pour la première fois. Mais impossible de retrouver le chemin, et on a bien tourné dans Zamalek pendant ½ heure ! Et ni les passants, ni les policiers ne furent capables de nous aider. Finalement, Nadia rentra dans un magasin de chocolat, et là un des clients nous expliqua précisément, et 5 min plus tard, nous étions assis ! Nous pouvions enfin nous détendre… Et nous avons alors vu le client du magasin arriver. On l’a invité à notre table, boire un verre et fumer une chicha avec nous. C’est un égyptien qui travaille au service marketing de Nokia… Nous échangions quelques mots en arabe, en français, mais surtout en anglais.
Après plusieurs discussions, il nous a finalement proposé de nous emmener dans un club qui venait d’ouvrir, sur la terrasse du Nile Hilton – un des plus beaux hôtels du Caire, après le Mariott – pour aller boire un autre verre et fumer une chicha particulièrement bonne. Nous nous sommes donc retrouvés sur une terrasse bondée, au milieu d’un monde complètement différent, où l’argent coule à flot, où les jeunes se déchainent sur la piste de danse, … Nous étions d’accord sur le fait que nous préférions le premier café, plus calme et plus simple, mais bon, nous y étions, alors autant rester un peu. Et je dois avouer qu’avec une chicha au citron et à la menthe, un délicieux jus de fruits frais, et une vue splendide sur tout le Caire en pleine nuit, me fit oublier la musique un peu trop forte, et ce monde qui, également, n’était pas le mien ! Et puis notre hôte, Samuel, était vraiment adorable, et nous avons bien discuté et bien ri avec lui. Nous avons finalement passé une très agréable soirée, certes différente de ce qui était prévu, mais néanmoins fort sympathique ! C’est quand même fou la façon dont certaines choses arrivent sans qu'on s'y attende : on demande notre chemin, et 2h plus tard, nous sommes dans un club très chic, avec une vue imprenable sur le Nil !! Au moins, je pourrais dire que dans la même journée, j'aurais vu trois facettes différentes de l'Egypte : les quartiers très populaires le matin, les expatriés aisés en fin de journée, et les riches Egyptiens dans la soirée !
Aujourd’hui, journée repos ! De toute façon, c’est le week-end ici, donc j’ai fait une grasse matinée !! Ensuite, j’ai regardé un très joli film, puis j’ai relu quelques cours d’égyptien, avant d’aller faire un tour dans les souks… C’était sympa mais quel monde !! Une fois, sorti du coin très touristique, je me suis retrouvé au milieu d’une véritable marée humaine, et j’étais le seul occidental ! Entre les vêtements, des appareils de toutes sortes, des fournitures, de la nourriture, etc… on sent bien que les égyptiens ont, ce mois-ci, et la rentrée et le Ramadan à organiser… J’en ai profité pour acheter 2 keffieh, de vraiment bonne qualité (une noir et blanc, et un bleu et blanc). Et juste avant de partir, ils m’ont demandé d’où je venais parce qu’ils ont trouvé que pour un français, je parlais bien arabe ! Quel compliment !! Même si je pense que c’était plutôt une façon de me remercier de leur avoir acheté quelque chose, ça fait toujours plaisir…
J’ai continué en retrouvant mon café préféré, et en m’installant pour déguster un de leurs délicieux thés à la menthe, en lisant un journal égyptien (en français) que j’avais acheté plus tôt. Puis je suis finalement rentré, et j’ai regardé le match d’ouverture de la coupe du monde de rugby ! Je ne pense pas suivre réellement, mais j’y ai repensé (enfin Véro me l’a soufflé au tél) et je me suis dit pourquoi pas… Et depuis, je bosse un peu sur l’arabe, pour me remettre dans le bain un peu plus !