Hier matin, j’avais décidé d’aller à la fac pour avoir un papier qui me permettrait d’aller me faire faire un visa étudiant au Mogamma (ministère de l'Intérieur) dans le centre ville. J’avais appelé la veille le coordinateur de la filière, qui m’avait dit de passer.
N’ayant pas envie de prendre un taxi, je décide de marcher jusqu’au métro Opéra, pour ensuite arriver à la fac. Je marche donc pendant 20 bonnes minutes sous un soleil ardent – ben oui, la veille j’avais écrit qu’il faisait plus frais, donc forcément… - et après le métro, j’arrive juste derrière la fac.
Impossible de rentrer ! Hé oui, les policiers à chaque entrée insistent pour voir la carte d’étudiant pour laisser passer les jeunes. Moi, ma carte, je ne l’aurai qu’après la rentrée ! J’essaye donc de dire que je veux aller m’inscrire, etc… Mais rien n’y fait, et on me dit d’aller voir plus loin. J’avance donc, et on me redit la même chose. Au final, je dois faire tout le tour du campus – vraiment très vaste – pour aller à l’entrée principale, par où j’étais passé la semaine dernière avec les filles. Mais là, même chose, on refuse de me laisser rentrer. Je discute pendant 10 bonnes minutes avec chacun des gardes, en montrant mon passeport et en essayant d’expliquer où je veux aller, et un policier finit par me laisser passer…
Quand j’arrive dans les locaux de l’IDAI, je tombe sur la secrétaire qui me dit que je ne peux pas avoir le papier tant que je ne suis pas inscrit ! Les inscriptions définitives démarrant à la rentrée, je ne peux rien faire avant. Le coordinateur de la filière arrive à ce moment, et me redit que je peux avoir un certificat de candidature ou de pré-inscription, mais le certificat nécessaire, en arabe, non. Je précise que mon visa touristique expire le 4 octobre, donc il faudra que je me dépêche. Il me dit alors que ça n'est pas si urgent, qu'on a normalement le droit à 15 jours de tolérance, et que si je viens avec une carte d'étudiant et un papier de l'IDAI, il n'y aura pas de soucis. Il a rajouté en riant : « Mais vous savez, c’est l’Egypte ici ! Tout s'arrange toujours ! » Que voulez-vous rajouter de plus ? J’ai éclaté de rire, je l’ai remercié et suis reparti.
J’étais épuisé, et je ne voulais pas refaire tout le tour du campus pour rejoindre le métro… j’ai donc cherché un taxi ! Mais il m’a fallu un bon quart d’heure, vingt minutes, pour en trouver un de libre qui accepte de me ramener à Zamâlek ! Il était presque 14h, et la circulation était infernale…
Rentré à l’appart, j’ai soufflé un peu, me suis acheté un shawerma en bas, et j’ai fait une sieste !!
Dans la soirée, Jenny m’a proposé de la rejoindre avec des amis à elle dans un bar branché – mais pas si cher que ça, heureusement… J’ai donc rencontré Karîm, son copain, Hâchem et Chérîf, deux ingénieurs égyptiens, et Claudia et Sébastien, deux expatriés belges. Elle a suivi son mari qui a travaille ici, et elle est, depuis peu, prof dans la section française d’une école. Tous parlent français, sauf Karîm, donc les discussions étaient la plupart du temps en anglais, mais j’ai aussi pu parler avec Claudia et Hâchem un peu plus activement… J’ai passé une très agréable soirée, et je pense que je les reverrai.
Aujourd’hui, je comptais aller faire une petite balade dans le centre – je n’y suis allé qu’en soirée depuis mon retour – mais finalement, j’ai rejoint Elodie, une amie que j’avais rencontrée l’été dernier, et qui est venue habiter ici pour retrouver son chéri, avec qui elle devrait se marier prochainement. Elle habite à côté de Misr eg-gedîda (Héliopolis), au nord-est du Caire. C’est un quartier que je n’avais jamais eu l’occasion de voir, si ce n’est en le traversant en taxi pour aller à l’aéroport. Nous sommes allés retrouver Muriel, une française tout juste débarquée – pour suivre son copain qui travaille ici – et qui sera aussi à la fac avec nous (je connais donc déjà 3 personnes sur les français présents cette année en L1, il n’en manque que 2).
Nous avons ensuite dû rejoindre son copain. Nous avons donc pris un taxi, avec qui j’ai eu une longue conversation en arabe ! Ca m’a fait plaisir… J’étais loin de tout comprendre, mais avec quelques gestes, et parfois quelques mots d’anglais, on arrivait à se comprendre. J’étais content qu’enfin, on me réponde en arabe et plus en anglais !! Et puis ça m’a montré que je commençais à avoir des petites bases d’arabe…
Timothé, le copain de Muriel, nous a retrouvé devant City Stars, un immense centre commercial à Nasr City – autre quartier au nord-est de la ville – construit par des saoudiens. Et effectivement, une fois les portiques de sécurité passés, on ne se croit plus en Egypte ! Boutiques de vêtements, de chaussures, de tout et n’importe quoi, mais de luxe ! C’est assez étrange comme impression…
Nous avons bu un verre tous ensemble, et c’était fort sympathique. Nous avons partagé nos visions de la vie en Egypte, du voyage, des expatriés, du travail… Vraiment un agréable moment. Puis nous nous sommes séparés en début de soirée, en échangeant les numéros de téléphone, et leur proposant mes services pour une visite « guidée » du Musée du Caire.
Encore des difficultés pour trouver un taxi avec Elodie : « zahma, zahma » répétaient-ils tous – j’ai appris ensuite que ça signifiait « embouteillage » - et c’est vrai que la circulation était particulièrement dense. En plus, c’est la veille du Ramâdan… Mais après de dures négociations, nous en avons finalement trouvé un qui nous déposés devant le métro. Elodie est rentrée chez son copain, et moi j’ai repris le métro jusque la place Et-Tahrîr, puis j’ai marché jusque l’appart.
Soirée calme, repas simple, repos et discussions, puis écriture…