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dimanche 30 septembre 2007

Matrouh, Youssef et le fils de notre hôte avant l'iftar

Marsa Matrouh et rencontres...

Je retrouve Youssef vers 6h30 à la gare routière puis nous partons. Ca me fait plaisir de deux jours avec lui dans un cadre différent. Nous discutions puis dormons un peu. Après être arrivés vers 10h, nous allons prendre une chambre à l’hôtel Es-salâm dans le centre. Puis direction les petites rues moins touristiques pour rendre visite à des amis à Youssef. La faim me travaille, je n’ai rien mangé depuis la veille, et je réalise que mon jeûne est plus difficile que celui de Youssef car je ne fais qu’un repas par jour, tandis qu’eux mangent très tôt le matin. Mais comme je passe la journée avec lui, j’attendrai ce soir…
Retour à l’hôtel pour une petite sieste. J’en profite pour boire un peu, tant pis, ça ne sera pas aujourd’hui que je ferai un vrai ramadân.

En fin d’après-midi, nous partons à trois avec Baboo un ami à lui. Nous rejoignons d’autres personnes et allons chez quelqu’un qui nous a invités pour l’iftar. Dès l’annonce de la rupture du jeûne, nous nous rafraichissons avec un jus de mangue, des dattes et des figues. Ils partent ensuite pour la prière, puis le repas continue : cuises de poulet, un mélange de viande et de riz dans des feuilles de vignes, du bouillon, des haricots, une salade, et un délicieux pain. Je mange avec un grand plaisir, à tel point qu’on m’apporte un nouveau plat entier rien que pour moi ! J’attaque mais estomac cale rapidement, et je suis obligé de m’arrêter… Nous discutons tous ensemble puis partons.
Youssef va ensuite dans un bureau pour régler l’affaire qui l’a amené à Matrouh : il doit louer une chambre à Alexandrie, et il devait venir pour faire quelques papiers. Après une vingtaine de minutes, il ressort en disant qu’il est obligé d’aller à Alexandrie pour aller chercher autre chose ! Oubliant un peu son énervement, nous marchons, puis allons dire bonsoir à un autre homme, qui nous invite à boire un verre. Un soda, puis de l’eau, puis viennent les délicieux – mais ô combien bourratifs – gâteaux du Ramadân, et enfin le thé. Il ne veut plus nous laisser partir, mais nous finissons par le convaincre. Youssef me dit ensuite que c’était le maire de Matrouh !

Nous rentrons à l’hôtel mais je laisse Youssef, et m’en vais marcher un peu sur le bord de mer. C’est très agréable. Je m’arrête boire un verre, puis continuer à me balader et à respirer la brise du large… Dommage qu’il ne fasse pas jour, la baie est magnifique ! Je rentre vers 1h30 : dans un peu plus de 2 heures, Youssef vient me chercher pour manger avant le début du jeûne. J’ai décidé de faire le jeûne totalement demain, donc je vais partager le repas du matin…

Bonnes nouvelles !

Levé tard après une bonne nuit de sommeil. Il fait très chaud encore. Tous les restaurants sont fermés durant la journée, donc je fais un ramadân forcé – mais dans ma chambre, je bois quand même un peu d’eau. Je prends mon El-Ahram et mon cahier, et je m’installe sur la place centrale, à l’ombre, pour écrire et lire un peu. C’est vraiment très agréable ! Mais pris par la soif, je retourne dans ma chambre pour boire. Je lis, mais la fatigue se faisant sentir – certainement due au fait que je n’avais rien dans le ventre – je m’allonge pour une petite sieste !

Vers 19h, je descends faire un tour, en pensant ne pas tarder pour aller manger. Fathi et ses amis étaient en train de boire le thé, ils m’invitent avec eux. Je peux regoûter au thé siwi, mais je le trouve très fort cette fois-ci. C’est Fahmi qui le fait et il a la main très légère sur le sucre… Même s’ils parlent arabe, et que je ne comprends toujours pas grand-chose, je me sens bien, et je passe plus d’une heure en leur compagnie. Puis je vais manger : au menu, un délicieux couscous de chez Abdu ! C’est le seul endroit d’Egypte où on peut en manger, en effet, c’est une tradition berbère, que les siwis ont donc dans leurs coutumes. Je me suis régalé, et mon estomac est content.

Au restaurant, je retrouve les journalistes québécois et je vais fumer une chicha et boire un thé avec eux. Deux d’entre eux ont fait des reportages un peu partout dans le monde, et c’est très intéressant d’écouter le témoignage de leurs expériences au Libéria, en Côte-d’Ivoire, au Liban, au Mozambique, mais aussi en Espagne ou en France.

Je reçois un appel de Gwen : avec Annick, elles sont tellement déprimées depuis que je suis parti à Siwa, qu’elles ont décidé de venir pour le week-end ! Elle m’annonce donc qu’elles arrivent dans la nuit de jeudi à vendredi, et que nous partons deux jours dans le désert. « C’est génial !! » En plus, elle me dit qu’elle a rencontré deux françaises – dont une qui fait ses études au DEAC – et qu’elles arrivent mercredi pour venir avec dans le désert. Je suis fou de joie !

Après m’être séparé des journalistes qui repartaient le lendemain, je retourne voir Fahmi et Fahmi pour discuter un peu. Puis Youssef nous rejoint. Il me dit qu’il doit aller à Matrouh le lendemain, et me propose de venir avec lui. Nous partirions le mardi matin et rentrions le mercredi soir. « Why not ! » Puis je réalise que c’est mercredi que les filles arrivent. Je rappelle Gwen pour avoir leur numéro et je leur propose de se retrouver à Matrouh pour venir à Siwa tous ensemble : c’est d’accord !
Je termine la soirée avec Youssef en jouant aux cartes dehors. Il a sorti le paquet de dessous une grosse pierre dans une petite ruelle, j’ai éclaté de rire !!

Moi qui n’avait encore rien de prévu de particulier pour les jours suivants – hormis une petite balade à vélo – me voici avec un joli petit programme : demain matin départ 7h pour Matrouh avec Youssef. Il doit voir quelqu’un et je pense que nous allons aussi nous balader un peu, nuit à Matrouh, et mercredi après-midi, on retrouve Flora et Noémie pour rentrer à Siwa. Puis de jeudi soir à samedi soir, le désert. Décidément, mes séjours à Siwa ne m’apportent que du bonheur !!

vendredi 28 septembre 2007

Longue route (lunatic dreams)

Couleur rougeoyante des cieux
Qui éternellement remplit mes yeux
La nuit qui tombe parmi nous
De joie parfois nous rend fous…

Traversant l’immensité du monde, je me demande où mon esprit m’emmène. A quelle folie, à quelle passion va-t-il succomber de nouveau, et vers quelle destinée me dirige-t-il ?

Je rêve de mers, d’océans
Egalement de désert et de néant
Mais quels seront les lieux
Où j’irai poser mes yeux…

Toujours autant de questions sur la grande marche de l’Univers, ma destinée, et ce qui m’attend en ce bas-monde. Cette immense route de la vie sur laquelle je marche, me repose, puis cours et vole même parfois, recèle tant de mystères, de surprises, que j’en ai parfois la tête qui tourne !

Petite lumière dans la nuit noire
Toujours le rêve, il reste de l’espoir
Le grand brasier de mon esprit
Brûlera toujours vers l’infini…

La douceur m’apaise, le silence me ressource et la quiétude m’inonde après ces longues heures de doutes et de souffrance. De nouveau mon âme goûte au plaisir des rêves.

Slalom des sens et des idées
Je suis prêt à m’envoler
Je me retourne une dernière fois
Au fond, la lumière est toujours là…

Les retrouvailles...

Le trajet est long et éprouvant. Il nous faut déjà un long moment pour sortir du Caire et faire les différentes gares routières – d’ailleurs à Giza, on passe devant l’université qui est magnifique de nuit. Puis vient l’autoroute sur la côté qui, avec du retard, nous fait arriver à Matrouh vers 6h. Je patiente un peu, le bus est à 7h. Je vais acheter mon billet, je monte, et nous partons. Dernière ligne droite à travers le désert avant d’arriver à Siwa !

11h : je descends du bus… Siwa… Ah qu’il est bon d’être ici ! Le soleil cogne très fort en plein soleil. Je vais directement au Youssef hôtel et pose mes affaires. J’ai envie de faire un p’tit tour dans le centre, et peut-être de manger un morceau. Il n’y a personne chez Abdû, et une petite affiche indique que pendant le Ramadân, le restaurant n’est ouvert qu’entre 18h30 et 1h… Par contre, je remarque des journalistes, avec micro et caméra, qui tournent à divers endroits du centre, je suis un peu surpris.
J’appelle Mahmoud, un des guides que Gwen connait : on doit se retrouver devant l’hôtel. Je décide ensuite d’essayer d’appeler Youssef, mon ami de l’année dernière :
- Hi. Youssef ? It’s Benjamin !
- What ? Benjamin ?
- Yes. I’m in Siwa !
- Yeaaah !! It’s a surprise !
- Yes. How are you ?
- Fine, fine. But i’m busy now… I’ll calll you at night. Ok ?
- Ok. See you.
Ca me fait plaisir, surtout que j’avais déjà essayé de l’appeler, mais ça n’avait pas marché.

Tandis que j’attends Mahmoud, un homme de l’équipe de journaliste m’interpelle : ce sont des Québécois qui font un reportage pour TV5 Canada. C’est une série de plusieurs émissions sur comment voyager autrement, à travers l’exemple de plusieurs destinations à travers le monde. Et Siwa est l’une d’elles ! Ils aimeraient que je témoigne pour l’émission, surtout qu’il y a peu de touristes, et que je suis apparemment le seul qui parle français. Je suis donc interviewé pendant 5 minutes sur comment j’ai connu Siwa, pourquoi j’ai choisi de venir ici, ce qui me plait, ce que je ressens, ma vision du tourisme ici, et ce que je dirais à quelqu’un qui n’est jamais venu… Ils me remercient chaleureusement et s’en vont. Je réalise alors que j’ai déjà oublié le nom de l’émission et la date de diffusion, « maleesh !! »

Je retrouve Mahmoud et on discute un peu. Il me dit que pour l’instant, il n’y a personne de prévu pour aller dans le désert, il faudrait donc trouver d’autres gens pour m’accompagner. J’espère ! Puis étant épuisé, car ayant très peu dormi dans le bus, je monte faire une sieste.

Après avoir mangé chez Abdu – on reprend les bonnes habitudes, et c’est mon premier repas consistant depuis quelques jours – je retrouve Youssef. Nous tous les deux très heureux de nous revoir ! Nous allons discuter sur la terrasse de l’Alexander Restaurant, juste à côté. Il est content d’apprendre que je vis maintenant au Caire, et qu’en plus, je commence des études de droit – il rentre en 2e année de licence de droit à Alexandrie. Je lui parle de mon envie d’aller dans le désert et des guides que Gwen m’a conseillés : il en connait plusieurs et les appelle aussi vite. Je rencontre donc Alewa qui arrive sur la terrasse avec un ami, qui en plus nous sert un thé. Il me dit que ça n’est pas facile de trouver des personnes pour partir plusieurs jours comme il y a peu de touristes, mais pour une journée c’est plus simple. Il me donne les tarifs correspondants. Je vais réfléchir et surtout voir si d’autres personnes intéressées se manifestent. Puis c’est l’associé de Gwen, Yéhya, qui arrive et me répète sensiblement le même chose. Il prend mon numéro pour me tenir au courant.

Puis je pars me balader avec Youssef. Nous allons à la boutique de Fathi, que j’avais déjà rencontré l’année dernière – d’ailleurs lui et d’autres se souviennent également de moi. Nous échangeons quelques mots en anglais, puis ils se mettent à parler arabe. Même si je ne comprends quasiment rien, c’est sympathique. Puis ça me force à écouter les conversations et essayer de comprendre… Puis nous marchons de nouveau, et je serre la main de nombreuses personnes ! On passe un long moment ensemble puis on se sépare.

Rentré à l’hôtel, j’écris un peu dans la chaleur de ma chambre… chaleur qui ne me dérangeait pas ! En effet, il y a un léger vent dans l’oasis ces jours-ci, et si le jour, ça ne change rien, une fois le soleil couché, il fait plus frais : certaines « rafales » m’ont même donné des frissons…
Avant de me coucher, je note que cette année les coqs ne chantent plus à 1h du matin, mais plutôt un peu après 2h. Et vers 3h30, c’est au tour des muezzins d’appeler à la prière, et surtout au repas qui se déroule avant le lever du soleil et le début du jeûne. Mais sur ce… bonne nuit !