Le trajet est long et éprouvant. Il nous faut déjà un long moment pour sortir du Caire et faire les différentes gares routières – d’ailleurs à Giza, on passe devant l’université qui est magnifique de nuit. Puis vient l’autoroute sur la côté qui, avec du retard, nous fait arriver à Matrouh vers 6h. Je patiente un peu, le bus est à 7h. Je vais acheter mon billet, je monte, et nous partons. Dernière ligne droite à travers le désert avant d’arriver à Siwa !
11h : je descends du bus… Siwa… Ah qu’il est bon d’être ici ! Le soleil cogne très fort en plein soleil. Je vais directement au Youssef hôtel et pose mes affaires. J’ai envie de faire un p’tit tour dans le centre, et peut-être de manger un morceau. Il n’y a personne chez Abdû, et une petite affiche indique que pendant le Ramadân, le restaurant n’est ouvert qu’entre 18h30 et 1h… Par contre, je remarque des journalistes, avec micro et caméra, qui tournent à divers endroits du centre, je suis un peu surpris.
J’appelle Mahmoud, un des guides que Gwen connait : on doit se retrouver devant l’hôtel. Je décide ensuite d’essayer d’appeler Youssef, mon ami de l’année dernière :
- Hi. Youssef ? It’s Benjamin !
- What ? Benjamin ?
- Yes. I’m in Siwa !
- Yeaaah !! It’s a surprise !
- Yes. How are you ?
- Fine, fine. But i’m busy now… I’ll calll you at night. Ok ?
- Ok. See you.
Ca me fait plaisir, surtout que j’avais déjà essayé de l’appeler, mais ça n’avait pas marché.
Tandis que j’attends Mahmoud, un homme de l’équipe de journaliste m’interpelle : ce sont des Québécois qui font un reportage pour TV5 Canada. C’est une série de plusieurs émissions sur comment voyager autrement, à travers l’exemple de plusieurs destinations à travers le monde. Et Siwa est l’une d’elles ! Ils aimeraient que je témoigne pour l’émission, surtout qu’il y a peu de touristes, et que je suis apparemment le seul qui parle français. Je suis donc interviewé pendant 5 minutes sur comment j’ai connu Siwa, pourquoi j’ai choisi de venir ici, ce qui me plait, ce que je ressens, ma vision du tourisme ici, et ce que je dirais à quelqu’un qui n’est jamais venu… Ils me remercient chaleureusement et s’en vont. Je réalise alors que j’ai déjà oublié le nom de l’émission et la date de diffusion, « maleesh !! »
Je retrouve Mahmoud et on discute un peu. Il me dit que pour l’instant, il n’y a personne de prévu pour aller dans le désert, il faudrait donc trouver d’autres gens pour m’accompagner. J’espère ! Puis étant épuisé, car ayant très peu dormi dans le bus, je monte faire une sieste.
Après avoir mangé chez Abdu – on reprend les bonnes habitudes, et c’est mon premier repas consistant depuis quelques jours – je retrouve Youssef. Nous tous les deux très heureux de nous revoir ! Nous allons discuter sur la terrasse de l’Alexander Restaurant, juste à côté. Il est content d’apprendre que je vis maintenant au Caire, et qu’en plus, je commence des études de droit – il rentre en 2e année de licence de droit à Alexandrie. Je lui parle de mon envie d’aller dans le désert et des guides que Gwen m’a conseillés : il en connait plusieurs et les appelle aussi vite. Je rencontre donc Alewa qui arrive sur la terrasse avec un ami, qui en plus nous sert un thé. Il me dit que ça n’est pas facile de trouver des personnes pour partir plusieurs jours comme il y a peu de touristes, mais pour une journée c’est plus simple. Il me donne les tarifs correspondants. Je vais réfléchir et surtout voir si d’autres personnes intéressées se manifestent. Puis c’est l’associé de Gwen, Yéhya, qui arrive et me répète sensiblement le même chose. Il prend mon numéro pour me tenir au courant.
Puis je pars me balader avec Youssef. Nous allons à la boutique de Fathi, que j’avais déjà rencontré l’année dernière – d’ailleurs lui et d’autres se souviennent également de moi. Nous échangeons quelques mots en anglais, puis ils se mettent à parler arabe. Même si je ne comprends quasiment rien, c’est sympathique. Puis ça me force à écouter les conversations et essayer de comprendre… Puis nous marchons de nouveau, et je serre la main de nombreuses personnes ! On passe un long moment ensemble puis on se sépare.
Rentré à l’hôtel, j’écris un peu dans la chaleur de ma chambre… chaleur qui ne me dérangeait pas ! En effet, il y a un léger vent dans l’oasis ces jours-ci, et si le jour, ça ne change rien, une fois le soleil couché, il fait plus frais : certaines « rafales » m’ont même donné des frissons…
Avant de me coucher, je note que cette année les coqs ne chantent plus à 1h du matin, mais plutôt un peu après 2h. Et vers 3h30, c’est au tour des muezzins d’appeler à la prière, et surtout au repas qui se déroule avant le lever du soleil et le début du jeûne. Mais sur ce… bonne nuit !