Hé oui, depuis hier, le ramadân a commencé en Egypte, et durant 1 mois toute la vie du pays est un peu bouleversé par cet événement. Aujourd’hui, il fallait que j’aille faire quelques courses. Je descends donc tranquillement l’escalier, dis bonjour au bawab, et vais à l’épicerie 20m plus loin… Mais à ce moment retentissent plus cris de muezzins, et je vois que les marchands sont tous en train de fermer leurs boutiques ! Hé oui… C’est vendredi ! Qui plus est, le premier vendredi de Ramadân ! Je suis donc remonté bredouille, et j’ai attendu le milieu de l’après-midi pour y retourner.
Quelques courses de nécessité, et des fruits et légumes : ça ne coute rien !! J’ai acheté des mangues, du raison, des poivrons, et des tomates, j’en ai eu pour 20 LE – environ 2,6€ !!
Vers 18h, je suis descendu pour aider Aude avec ses valises – elle va chez un ami en attendant de trouver son appart – et j’ai croisé les bawabs, installés dans le hall de l’immeuble, sur une petite table, avec de nombreux plats de nourriture : l’iftar, la rupture du jeûne.

Ce soir, je suis de nouveau sorti dans le centre-ville. Je suis d’abord allé à la grande gare routière derrière le Musée égyptien, pour acheter un billet de bus : demain soir, je prends un bus pour Marsa Matrouh, avant d’aller à Siwa ! Le bus part 23h30 du Caire pour arriver vers 5h à Marsa. Là, j’attendrai 2h à la gare routière pour prendre le bus de 7h pour Siwa… Ah la la, comme je suis content !! Je vais enfin retourner dans cette oasis que j’aime tant ! Que de souvenirs j’ai là-bas, alors que je n’y suis resté que 5 jours. Et là, comme je prévois de m’organiser quelques jours en plein désert, je pense que ça va être inoubliable… Et une nouvelle fois, je ne me suis exprimé qu’en arabe, et j’ai été compris ! Quel plaisir !! Ca donnait à peu près ça :
- El-Salûm ? (Saloum ? – c’est le terminus du bus)
- Emta ? En-nahâr da ? (quand ? aujourd’hui ?)
- Lâ. Bokra. (non. Demain)
- Es-saâ kâm ? (à quelle heure ?)
- Hedâshar w nos. (11h30)
- Fe-l-mesâ ? (le soir ?)
- Aywa ! (oui)
- El-otobis, fên ? Henâ ? (le bus, où ? ici ?)
- Aywa. (oui)
- Shokran. Mâa es-salâma. (merci. Au revoir)

Après ça, j’ai marché un peu sur les bords du Nil, pour profiter de la douceur du soir, puis je suis allé m’acheter Al-Ahram Hebdo – l’hebdomadaire égyptien, en français - et la version arabe, quotidienne, pour essayer de lire un peu… J’ai réussi à comprendre le sujet du premier article, mais ensuite… ! Je ne comprends que quelques mots par ci par là. Ca va venir !
Ensuite, un taxi et retour à Midân el-Hussein, pour aller au Khan el-Khalili, et m’installer au Fishawy. Que de monde ce soir !! On voit que nous sommes en plein ramadân : les gens sortent et profitent en famille le soir, après avoir rompu le jeûne. J’ai assisté à un défilé incessant de personnes, de marchands, de familles, de touristes, encore plus qu’à l’accoutumée… Je me prends un thé et feuillette le journal : j’aime vraiment lire l’Hebdo. L’actualité égyptienne, mais aussi celle du Moyen-Orient, du monde arabe et de l’Afrique en un peu plus développé qu’en France ! Et puis, il est intéressant d’avoir la vision locale des événements qui se passent. Je commande un deuxième thé. Je remarque que le café, comme tout le Caire d’ailleurs, fête le ramadân : des guirlandes lumineuses un peu partout, les lampes dorées accrochées aux murs, symboles de ce mois sacré – voir la photo prise l’été dernier – et quelques affiches avec des bénédictions ou des versets du Coran…
Je finis par céder à la tentation et me prend une chicha pour accompagner mon thé et profiter un peu plus de cet agréable moment. Je ne me lasse vraiment pas de venir ici, dommage que ça soit un peu plus loin de chez moi que lorsque j’étais à l’hôtel dans le centre-ville. Mais bon, au moins je marche…

Et on peut dire que je marche ici, d’ailleurs j’adore ça ! Il y a toujours quelque chose à voir, une odeur à sentir, une atmosphère à ressentir… Il y a une vie ici qui mérite vraiment d’être vécue, et la marche est un très bon moyen pour ça. Je suis par contre désolé de ne pas mettre beaucoup de photos, parce que mais même si je l’ai sur moi, j’ai toujours une pudeur qui m’empêche de photographier à tout va… Mais j’essayerai néanmoins de faire des photos pendant le ramadân, pour mieux vous faire partager ce moment.

Enfin, un peu avant minuit, je décide de rentrer. Je marche jusqu’au centre-ville, puis je prends un taxi pour revenir à Zamâlek. Je mange encore de l’excellent pain que j’ai acheté cette après-midi : tout frais de ce matin, il se conserve bien, et garde son goût délicieux ! Même nature, j’en suis fou !

Maintenant, après discuté un peu sur internet, puis avec Gwen et son amie Anick qui vient d’arriver au Caire, et écrit tout ça, il est 3h passé… Dans 24h, je serai dans le bus : j’ai hâte !! Je rêve déjà du désert… Ca va me faire du bien ! Pas que je ne me plaise pas au Caire, mais ça sera un véritable moment de détente, de repos, de ressourcement avant la rentrée à la fac… Siwa, me revoilà !