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vendredi 15 septembre 2006

Rosette, rue

Rosette, maison typique

Vendredi 4 août (1ère partie)

Journée de visite à Rosette avec Assia ! Après une nuit un peu courte, nous nous levons tôt pour profiter de la journée, et en prévoyant les temps de trajet, car il y a un peu plus d'1h30 de minibus jusque Rosette, avec un "changement" à Aboukir.
On arrive donc sur la place Saad Zaghoul, en face du Cecil Hotel, pour prendre le minibus qu'on finit par trouver :
- Aboukir ?
- Aywa (oui), Abou... ir, répond le chauffeur sans que nous comprenions totalement ce qu'il dit.
Alors nous montons. Une fois le minibus rempli, nous partons. On sort d'Alexandrie en passant à côté de raffineries pour le pétrole ou le gaz, je ne sais pas trop, mais en tout cas, c'est des usines travaillant sur des hydrocarbures. On traverse ensuite des petites villes et quelques villages : c'est réellement un autre monde que le centre des grandes villes. C'est là que je m'aperçois que bien que mon voyage s'éloigne de l'image touristique de l'Egypte, il reste bien des choses que je ne vois pas encore... Cette réflexion me laisse un peu nostalgique sur le fait de ne pas pouvoir totalement découvrir l'Egypte.

Le minibus finit par s'arrêter, nous sommes arrivés au terminus. Mais c'est étrange, il n'y a aucun autre minibus, ceux censés partir pour Rosette. Assia redemande au chauffeur, en arabe, où nous sommes :
- Nous sommes à Aboukir ?
- La (non), Abousir.
Bon. En fait, nous sommes à l'ouest d'Alexandrie, alors que nous devions aller à l'est ! Nous n'avons plus qu'à remonter et faire demi-tour... Ca fait 1h de perdu !
Nous voici revenus midan Saad Zaghoul, à chercher un nouveau minibus. Cette fois-ci, nous prenons le bon, et repartons. Arrivés à Aboukir, nous patientons 15 min et ¾ d'heure plus tard, Rosette s'offre enfin à nos yeux !

Nous sommes un peu perdus : Rosette est un labyrinthe de petites ruelles étroites, aujourd'hui bondés car c'est jour de marché. Normalement, un guide doit accueillir les touristes qui décident de visiter la ville, mais là il n'y avait personne à la sortie du minibus. Nous marchons un peu alors, regardant ce qui nous entoure. Une chose est sure : nous sommes l'attraction de la journée, tout le monde nous dévisage... A mon avis, il est rare que des occidentaux se baladent comme nous dans la ville.

Nous finissons par revenir vers l'endroit où nous sommes arrivés, espérant trouver quelqu'un pour nous guider. Nous rentrons dans une pharmacie – en Egypte, les études de pharmacie sont en anglais, donc en rentrant dans une pharmacie, vous êtes sur qu'on vous comprenne – et nous lui demandons où on peut trouver une sorte d'office de tourisme. Il a un peu de mal à comprendre ce qu'on lui dit, même lorsque Assia lui parle arabe. Mais il dit qu'il va nous aider quand même : ils nous fait sortir, ferme la pharmacie et nous emmène à travers le dédales des rues jusqu'à un hôtel où l'on parle bien anglais. Nous le remercions très chaleureusement, puis il nous quitte.

Nous sommes très bien accueillis à l'hôtel, les deux réceptionnistes sont très accueillantes, elles nous offrent à boire : on apprécie vraiment beaucoup, il fait très chaud, et le trajet en minibus fut assez éprouvant... Ensuite, ils appellent quelqu'un qui est censé nous servir de guide ! Nous passons un petit moment dans l'hôtel – climatisé je précise, parce que nous avons vraiment apprécié – jusqu'à ce qu'un policier arrive. Nous voulons remercier la femme et la jeune fille mais elles refusent, malgré notre insistance. Je prends la carte de visite de l'hôtel, au cas où je repasse par là une prochaine fois !

Notre guide – le policier – décide de nous emmener tout d'abord au fort de Rosette, à 10min en taxi du centre. On se met d'accord pour le prix total, puis nous partons. C'est là que lors de fouilles en 1799, un officier français trouva une pierre noire en basalte couverte d'écritures : la fameuse pierre de Rosette, qui servira à Champollion pour découvrir le secret des hiéroglyphes. Cette citadelle, au bord du Nil, est vraiment jolie. Elle fut certes rénovée, mais d'autres parties sont en encore dans leur état d'origine. Le centre du fort sert maintenant de mosquée... Sur le chemin de ronde en haut des murs, on profite d'une très belle vue sur le Nil qui se jette dans la méditerranée – Rosette est l'un des points du Delta où le fleuve rencontre la mer – et sur les ateliers des pêcheurs, très nombreux ici.

Jeudi 3 août

Le matin, je passe à la Fondation dire bonjour aux filles et récupérer mes clés qu'avait gardées Assia... J'y passe un long moment à discuter avec elles, de tout et de rien. J'avoue que je suis encore fatigué, et que ce matin, je n'ai pas trop envie de bouger !
Finalement je rentre à l'appartement en fin de matinée, et j'appelle Joseph et Karim, deux alexandrins que j'ai rencontré lors d'une soirée ici.
En début d'après, je sors et direction Mohammed Ahmed, où j'achète des falafels : décidément j'adore vraiment ça !! Deux pour 1 LE, ça vaut le coup, et ça remplit un coin du ventre !

Je retourne dans le café où j'étais déjà allé sur la Corniche. Il y règne une atmosphère pittoresque : certains jouent au dominos ou au tric trac – version orientale du jacquet – tandis que d'autres boivent un thé en regardant la mer, ou font leur prière dans un coin réservé de la salle. Les murs jaunis par la fumée respirent la nostalgie et quelques photos en noir et blanc accrochés au mur montrent l'Alexandrie du début du siècle dernier...

Je commande un thé en attendant Joseph et Karin, qui arrivent un peu plus tard. Joseph est médecin dans un hôpital sur la Mer Rouge : il travaille aux soins intensifs tous les jours pendant 3 semaines, puis a 3 mois de repos... C'est une organisation étrange, assez difficile au moment du boulot, mais ensuite cela lui permet de prévoir ensuite plusieurs choses sur une assez longue période ! Quant à Karim, il est musicien et est aussi devenu professeur dans ce domaine. Nous abordons de nombreux sujets sur l'Egypte d'aujourd'hui, ses problèmes, leur vie, la religion. Joseph est copte donc ça me permet de lui poser pas mal de questions à ce sujet. Il me conseille de me documenter sur l'histoire de l'Eglise copte, beaucoup de réponses aux problèmes d'aujourd'hui s'y trouvent... 2h plus tard, nous nous séparons.

Soirée chez Rémi, et Benoît, pour son anniversaire. Ils sont tous les deux "volontaires" et travaillent, si j'ai bien compris, le premier dans un des services du ministère de l'agriculture, et le second au Collège St Marc. Je revois aussi Karim et Joseph : il vient de se raser la barbe, et de se couper les cheveux, j'ai du mal à le reconnaître ! Il me dit qu'il a fait ça maintenant, car il ne travaille pas et que dans 1 mois, ça aura repoussé : " Mes patients refuseraient que je m'occupe d"eux dans cet état là, je fais trop jeune !"
Comme j'ai été malade et que j'ai gâché plusieurs journées, je crois que je vais m'arrêter quelques journées encore à Alexandrie, à mon retour de Siwa et de Marsa Matrouh – c'est une ville sur la côté, à mi chemin entre l'oasis et la ville d'Alexandre, que l'on m'a conseillé pour comparer les modes de vie. Je prends "rendez-vous" avec Benoît pour venir visiter St Marc, et discuter un peu plus...

Montaza, parc ombragé