jeudi 8 juin 2006
Nuit de mélancolie...
Par Nefermaât, jeudi 8 juin 2006 à 19:08 :: Les écrits d'un grand rêveur...

Une douce chaleur m'envahit... Cette agréable sensation est étrangement accompagnée d'une triste joie. Une sorte d'amertume, à peine dévoilée, comme déposée sur le bout des lèvres, n'osant point bouger. Quelle est la raison de cette légère mélancolie ? Peut-être est-ce la fatigue qui me joue des tours, mon esprit divague, et rêve... Oh oui, il rêve ! Il ne cesse de s'évader dans un monde toujours, plus loin toujours plus beau. Le rêve pour moi est comme le désir pour l'homme : à peine comblé, il en a déjà un autre. Ma soif de rêve, de voyage est insatiable, et j'ai parfois du mal à satisfaire ces envies... Pourtant, là ce n'est pas ce qui m'occupe la tête. Etrange sentiment que d'être ainsi nostalgique ! C'est comme un gouffre qui emporte avec lui ma félicité du jour, me laissant seul, avec un vide effroyable, perdu au beau milieu de mes pensées démunies... La tendresse, l'affection, la joie, l'amour, l'amitié, tout autant de choses qui font que je suis heureux, et pourtant. Cette magie du rêve me manque, comme si quelque chose se cachait au fond de moi, ne demandant qu'à éclore, et sortir au grand jour. Pourtant, je vis, je profite de chaque moment, de chaque instant de bonheur que la vie m'apporte, et j'apprécie ces instants chéris, trop longtemps hors de ma portée, désespérément trop loin... Mais maintenant, tandis que je cueille ces roses éternelles, pour un bonheur éphémère, cette étrange mélancolie apparaît. Comme un petit nuage blanc, perdu dans l'azur immense, une petit tache dans la beauté du ciel, une minuscule masse, qui arrive néanmoins à cacher le soleil pendant quelques instants. Où le vent protecteur, ce souffle invisible qui nettoie la vie des impuretés, se promène-t-il...?
J'aime le vent, son paradoxe. On peut le sentir, l'utiliser, le craindre, voir ses effets, remarquer son absence, mais jamais le voir ! Comme j'aime m'arrêter, et sentir le souffle céleste sur mes joues, une caresse divine qui entoure, comme une carapace inviolable, protectrice contre les mauvais coups de la vie...
Mais ce soir, il n'y a pas un poil de vent, et cette amertume est toujours présente. Quelle amertume, pourquoi ? Quelle en serait la cause ? Je ne saisis point... Pourtant, les questions s'enchaînent et restent sans réponse. Ah douce mélancolie, comme ta venue peut bien signifier des choses ! Comme cet état est cruel ! Un bonheur malheureux, une sinistre tristesse. Serait-ce un ban de sable, dans le grand fleuve de la vie ? Je me demande si l'homme est capable d'être réellement heureux... Comme s'il cherchait sans cesse à remettre en cause son bonheur, à compromettre sa chance et le privilège de cet état tant recherché... La fatigue pèse sur mes paupières, et les quelques notes de musique me paraissent bien légères, alors que je m'enfonce dans les ténèbres de la nuit et du sommeil.
Ne pas penser, ne pas réfléchir... Trop se poser de questions, c'est s'arrêter sur la berge... Moi je décide de vivre, laissons cela, et profitons de l'instant présent : Morphée m'appelle, je vais donc le rejoindre, bercé par la douce clarté de la lune au dehors, et tandis que la nuit étend sur moi son épais manteau, mon esprit, lui, s'échappe, et part une nouvelle fois rejoindre les divines pensées du pays des rêves....
Ah cette vie... si elle pouvait être un rêve !