Le site de Nefermaat

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mercredi 22 février 2006

Voyage...

Une vaste étendue s'offre à moi, des paysages grandioses... J'ai le vertige. Je ne saurais dire si c'est cette immensité qui me perturbe, ou alors si ces grands espaces correspondent avec l'étendue de mes pensées, que rien ne pourrait contenir en ce moment. Elles s'élèvent plus haut que tout, tourbillonnant dans tous les sens, et toutes les directions. Rien de fixe, un éternel mouvement les emporte, une rage de vivre, de penser. Entre passé, présent et futur, mon âme survole la vie, à tel point qu'il m'arrive de douter que j'y participe ! Absorbé par tant de voyages incessants, je goûte néanmoins le plaisir de choses simples et sincères, des choses qui jamais ne me décevront. Toujours la musique dans mon esprit, comme si elle était le vent, le fleuve qui le guidait, l'emportait... Un courant implacable, irrésistible qui m'emmène dans les contrées les plus lointaines, et me fait rêver plus que nécessaire. Je vis autant dans le passé, que dans le futur, négligeant, il est vrai, un peu le présent. Mais qui signifie profiter de l'instant présent ? Je n'ai pas fini d'écrire ce mot, que la seconde écoulée est déjà du passé... Le futur commence maintenant. Un futur plein de rêve, plein d'espoir, et plein d'incertitude. Alors je m'accroche à des rêves passés... Qui ne s'est jamais couché en souhaitant refaire le même rêve que la nuit précédente ? Moi je vis alliant des rêves futurs, et passés, créant un mélange unique et fabuleux qui déploie tous les jours ses charmes merveilleux sur moi... Une symphonie mélodieuse que celle de la vie en rêve, une vie heureuse...

vendredi 17 février 2006

Coton...

Le brouillard est là, on ne voit plus rien. Le froid, l'hiver : tout cela est déprimant. Pourtant, cette atmosphère est spéciale... On se croirait dans un autre monde, comme si quelque chose d'inattendu allait surgir, un autre monde qui s'ouvrirait à nous. Chacun espère que lorsque ce voile de coton se soulèvera, un paradis apparaîtra... Le monde merveilleux que chaque personne s'imagine au fond d'elle, sera-t-il là pour autant ? Malheureusement, non. Et pourtant, je suis certain que cette sensation se fera de nouveau sentir à la prochaine occasion... Je n'ose mettre le nez dehors, mais je ne quitte pas mes yeux de la fenêtre et de regarder – autant que possible – le monde dehors. On le croirait arrêté, empêtré, prisonnier de cet amas blanchâtre. On pourrait rapprocher cela d'un voyage en avion : il fait gris, il pleut... L'avion entame sa montée vers des cieux plus élevés... encore... on rentre dans les nuages pour ne plus rien distinguer... et là, comme par miracle, on débouche sur une mer blanche, illuminée par un soleil éclatant, l'astre créateur de toute vie. Un paysage fantastique, unique, sorti tout droit d'un idéal : cette blancheur immaculée, cette pureté, ce bleu profond... Tout incite à croire que c'est un morceau de paradis qu'il nous est donné de contempler brièvement. Le brouillard disparaît peu à peu, non pas pour laisser place à l'Eden recherché, mais pour faire apparaître un monde gris et triste, qui avait l'avantage d'être dissimulé derrière ce voile blanc... Finalement, rien n'a changé, tout est comme avant, et ce petit moment d'espoir, de rêve, s'est dispersé comme la brume. Pourtant comment oublier cet instant, coupé de tout, où l'espoir, le rêve, permettait de refaire le monde... Et si c'était ça le bonheur, pouvoir de temps en temps, oublier la vie, et la rêver, la ressentir, l'espérer...

lundi 13 février 2006

Nuit Noire...

Une nuit noire et fraîche descend peu à peu sur le monde. Je marche dans la rue. Je ne sais pas vers quelle destination mes pas m'entraînent, mais j'avance d'un pas décidé. Le temps s'écoule sans que je le remarque. Il fait entièrement nuit maintenant, et je suis seul. Il n'y a plus aucun bruit : dehors, le silence règne en maître sur cet empire d'ombres et de lumière diffuse... Par endroits, la lumière de la lune apporte un peu de clarté aux rues. Le vent se lève. Un vent glacial, pénétrant, piquant ma chair comme des aiguilles. Les feuilles volent... Je ne me préoccupe de rien, j'avance, comme poussé par une force étrange. Le vent se fait plus violent, j'ai peine à rester droit, mais je me sens envahi par un sentiment étrange. Ce souffle divin qui fait tout voler autour de moi, manifestation d'une puissance qui me dépasse, me fascine. Et je n'ai qu'une envie : que ça continue. Les feuilles forment des tourbillons qui m'enveloppent, comme une protection... Mais rien ne m'arrête. Je traverse chaque ruelle avec la même détermination, comme si je ne pouvais faire autrement. Le monde est différent, je ne reconnais rien... Où suis-je ? Maintenant, il n'y a pas plus aucune lumière, la lune est cachée. L'épais manteau de l'obscurité remplace les feuilles et me recouvre de sa ténébreuse couverture. Je ne sens plus mon corps, je suis hors du temps...

Ce temps froid, ce qui me fascine, ce temps qui passe... Le vent est retombé brusquement, mais je sens une goutte effleurer ma peau. Je ne bouge plus, j'essaye d'arrêter le cours du temps, qui défile aussi rapidement que tombent les gouttes sur mon visage. Quelle impression étrange de vivre ces moments, qui paraissent tellement irréels, qu'on les croit appartenir aux rêves... Pourtant la vie est un rêve que chacun vit à sa manière, avec une part plus ou moins importante de réalité... Ces moments sont, pour moi, comme une bouffé d'adrénaline, une façon de projeter, tout en étant conscient, dans mes rêves, et de me laisser aller, une façon d'échapper à l'infernal recommencement quotidienne, à la cruelle monotonie, et aux souffrances de l'ennui...

Espoir...

Douce mélancolie, triste joie... Mes sentiments s'opposent et je perds le contrôle. Le sol se dérobe sous mes pieds et un flot d'interrogations m'engloutit comme une simple poussière. Des visages, des textes, des pensées, une foule de choses se bouscule dans ma tête, et je n'arrive plus à faire le tri. Je suis fatigué moralement, fatigué de penser, d'être conscient, de devoir obéir à des obligations... Mon esprit se retrouve prisonnier du quotidien et cherche le moyen de s'évader, de creuser un tunnel qui le ramènera à la lumière du jour ! Une journée, juste pour laisser aller mon esprit vagabonder, ne rien faire d'autre que rêver... Rêver la vie !

Ma muse est instable, tantôt claire et proche, tantôt lointaine et floue, je ne la distingue plus vraiment... C'est ainsi, certains rêves, certains souhaits font place à d'autres ; c'est l'inconstance de nos désirs, et le fait qu'un désir en amène un autre. La musique revient, mon esprit s'enchante, et il oublie... Oublier, effacer, recommencer, et toujours. La vie n'est qu'un éternel recommencement, je ne peux que m'y habituer et rentrer dans le rythme. Parfois trop lent, parfois trop rapide, il faut savoir trouver la bonne vitesse de croisière pour profiter de chaque instant, sans pour autant oublier ce qui nous attend...

Quant à elle, j'ai comme l'impression qu'elle s'éloigne petit à petit, son visage s'efface lentement, pour apparaître brièvement, mais ô combien intensément à un certain moment. Il n'en demeure pas moins qu'elle me laisse seul, et le poète sans muse, ne rêve plus de la même manière... "Ne plus rêver, c'est être à demi-mort, c'est faire de la réalité sa seule loi." Alors je rêve, je ne fais même que ça, et même si elle s'en va, son souvenir restera intact, rien que pour tous les merveilleux moments que j'ai vécu en rêve, grâce à elle. Ne pas trop se faire d'illusions, ce n'est pas une chose facile pour un rêveur idéaliste... Alors si un rêve disparaît, je ne peux qu'en inventer un autre rapidement. Et je me demande même si ce n'est pas encore plus agréable que de le rêver... Construire ce rêve, petit à petit, l'imagination, les désirs, la vie, rajoutant chacun des éléments qui le rendront unique. Voir un rêve évoluer, grandir, prendre de l'ampleur, avant qu'il ne devienne omniprésent... C'est comme voir à l'avance le bonheur arriver... Une voyance imaginaire. En somme, nous avons tous des dons : l'imagination est un cadeau fait à l'homme, car même s'il ne vole pas, elle lui permet de faire beaucoup plus qu'il ne pouvait espérer.

Alors va ma muse, vole, même si tu dois disparaître... Tu reviendras, peut-être avec un autre visage, mais tu resteras ma source d'inspiration éternelle. Tellement différente, tellement multiple, et si tu étais unique au contraire... Chaque visage, chaque désir, ne correspond-il pas à une seule et même entité ? Je trouve que le visage de l'Amour te convient parfaitement... L'Amour, qui dès qu'on le chasse revient au galop, l'Amour toujours présent, et source de tout... L'Amour, l'harmonie, la joie, sentiments de mon pays des rêves... Il me tarde de te voir choisir, et qu'enfin je puisse te rejoindre. Pour le moment, je rêve... en attendant de vivre, avec toi, qui que tu sois...

Folle ronde...

Encore des visions, toujours ces mêmes rêves qui m'obsèdent... La vie poursuit son cours, tranquillement, sans que je m'y oppose. Pourtant, mon esprit la défie ! Il va de long en large, et survole le plus de choses qu'il peut... Etre plus haut que tout, échapper aux lois humaines pour transcender la vie et atteindre l'éternité. Le plus important à vivre, c'est le temps qu'on ne vit pas, celui qu'on ne vivra jamais... Le paradis inaccessible et à jamais désiré. Poussé par les plus fortes passions, comme un ouragan dévastateur, je vogue sur la mer déchaînée de l'Univers et cherche en vain ce qui pourrait calmer la tempête. Idéaliste et rêveur, hors du temps, comment concilier les deux... La moindre petite parcelle de bonheur me fait décoller. L'infini s'ouvre devant moi et j'y plonge avec avidité... L'amitié me fait cet effet en ce moment. Un sourire, un peu de tendresse, et mon esprit s'affole... La vie devient trouble, je ne distingue plus rien, mais ce bonheur est intense. Il me fait perdre toute notion du temps, j'ai l'impression que tout défile autour de moi, dans un ballet infernal, et qu'à la fois, l'aiguille de l'horloge est suspendue dans sa folle ronde. Je rencontre des vertus inattendues, jamais décelées auparavant, qui donnent naissance à des sentiments contradictoires et perturbants... Mais cette euphorie passagère est si motivante, si agréable, que quelles qu'en soient les conséquences, je la goûte avec plaisir et avec envie....