vendredi 17 février 2006
Coton...
Par Nefermaât, vendredi 17 février 2006 à 11:39 :: Les écrits d'un grand rêveur...

Le brouillard est là, on ne voit plus rien. Le froid, l'hiver : tout cela est déprimant. Pourtant, cette atmosphère est spéciale... On se croirait dans un autre monde, comme si quelque chose d'inattendu allait surgir, un autre monde qui s'ouvrirait à nous. Chacun espère que lorsque ce voile de coton se soulèvera, un paradis apparaîtra... Le monde merveilleux que chaque personne s'imagine au fond d'elle, sera-t-il là pour autant ? Malheureusement, non. Et pourtant, je suis certain que cette sensation se fera de nouveau sentir à la prochaine occasion... Je n'ose mettre le nez dehors, mais je ne quitte pas mes yeux de la fenêtre et de regarder – autant que possible – le monde dehors. On le croirait arrêté, empêtré, prisonnier de cet amas blanchâtre. On pourrait rapprocher cela d'un voyage en avion : il fait gris, il pleut... L'avion entame sa montée vers des cieux plus élevés... encore... on rentre dans les nuages pour ne plus rien distinguer... et là, comme par miracle, on débouche sur une mer blanche, illuminée par un soleil éclatant, l'astre créateur de toute vie. Un paysage fantastique, unique, sorti tout droit d'un idéal : cette blancheur immaculée, cette pureté, ce bleu profond... Tout incite à croire que c'est un morceau de paradis qu'il nous est donné de contempler brièvement. Le brouillard disparaît peu à peu, non pas pour laisser place à l'Eden recherché, mais pour faire apparaître un monde gris et triste, qui avait l'avantage d'être dissimulé derrière ce voile blanc... Finalement, rien n'a changé, tout est comme avant, et ce petit moment d'espoir, de rêve, s'est dispersé comme la brume. Pourtant comment oublier cet instant, coupé de tout, où l'espoir, le rêve, permettait de refaire le monde... Et si c'était ça le bonheur, pouvoir de temps en temps, oublier la vie, et la rêver, la ressentir, l'espérer...