Le site de Nefermaat

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lundi 13 février 2006

Nuit Noire...

Une nuit noire et fraîche descend peu à peu sur le monde. Je marche dans la rue. Je ne sais pas vers quelle destination mes pas m'entraînent, mais j'avance d'un pas décidé. Le temps s'écoule sans que je le remarque. Il fait entièrement nuit maintenant, et je suis seul. Il n'y a plus aucun bruit : dehors, le silence règne en maître sur cet empire d'ombres et de lumière diffuse... Par endroits, la lumière de la lune apporte un peu de clarté aux rues. Le vent se lève. Un vent glacial, pénétrant, piquant ma chair comme des aiguilles. Les feuilles volent... Je ne me préoccupe de rien, j'avance, comme poussé par une force étrange. Le vent se fait plus violent, j'ai peine à rester droit, mais je me sens envahi par un sentiment étrange. Ce souffle divin qui fait tout voler autour de moi, manifestation d'une puissance qui me dépasse, me fascine. Et je n'ai qu'une envie : que ça continue. Les feuilles forment des tourbillons qui m'enveloppent, comme une protection... Mais rien ne m'arrête. Je traverse chaque ruelle avec la même détermination, comme si je ne pouvais faire autrement. Le monde est différent, je ne reconnais rien... Où suis-je ? Maintenant, il n'y a pas plus aucune lumière, la lune est cachée. L'épais manteau de l'obscurité remplace les feuilles et me recouvre de sa ténébreuse couverture. Je ne sens plus mon corps, je suis hors du temps...

Ce temps froid, ce qui me fascine, ce temps qui passe... Le vent est retombé brusquement, mais je sens une goutte effleurer ma peau. Je ne bouge plus, j'essaye d'arrêter le cours du temps, qui défile aussi rapidement que tombent les gouttes sur mon visage. Quelle impression étrange de vivre ces moments, qui paraissent tellement irréels, qu'on les croit appartenir aux rêves... Pourtant la vie est un rêve que chacun vit à sa manière, avec une part plus ou moins importante de réalité... Ces moments sont, pour moi, comme une bouffé d'adrénaline, une façon de projeter, tout en étant conscient, dans mes rêves, et de me laisser aller, une façon d'échapper à l'infernal recommencement quotidienne, à la cruelle monotonie, et aux souffrances de l'ennui...

Espoir...

Douce mélancolie, triste joie... Mes sentiments s'opposent et je perds le contrôle. Le sol se dérobe sous mes pieds et un flot d'interrogations m'engloutit comme une simple poussière. Des visages, des textes, des pensées, une foule de choses se bouscule dans ma tête, et je n'arrive plus à faire le tri. Je suis fatigué moralement, fatigué de penser, d'être conscient, de devoir obéir à des obligations... Mon esprit se retrouve prisonnier du quotidien et cherche le moyen de s'évader, de creuser un tunnel qui le ramènera à la lumière du jour ! Une journée, juste pour laisser aller mon esprit vagabonder, ne rien faire d'autre que rêver... Rêver la vie !

Ma muse est instable, tantôt claire et proche, tantôt lointaine et floue, je ne la distingue plus vraiment... C'est ainsi, certains rêves, certains souhaits font place à d'autres ; c'est l'inconstance de nos désirs, et le fait qu'un désir en amène un autre. La musique revient, mon esprit s'enchante, et il oublie... Oublier, effacer, recommencer, et toujours. La vie n'est qu'un éternel recommencement, je ne peux que m'y habituer et rentrer dans le rythme. Parfois trop lent, parfois trop rapide, il faut savoir trouver la bonne vitesse de croisière pour profiter de chaque instant, sans pour autant oublier ce qui nous attend...

Quant à elle, j'ai comme l'impression qu'elle s'éloigne petit à petit, son visage s'efface lentement, pour apparaître brièvement, mais ô combien intensément à un certain moment. Il n'en demeure pas moins qu'elle me laisse seul, et le poète sans muse, ne rêve plus de la même manière... "Ne plus rêver, c'est être à demi-mort, c'est faire de la réalité sa seule loi." Alors je rêve, je ne fais même que ça, et même si elle s'en va, son souvenir restera intact, rien que pour tous les merveilleux moments que j'ai vécu en rêve, grâce à elle. Ne pas trop se faire d'illusions, ce n'est pas une chose facile pour un rêveur idéaliste... Alors si un rêve disparaît, je ne peux qu'en inventer un autre rapidement. Et je me demande même si ce n'est pas encore plus agréable que de le rêver... Construire ce rêve, petit à petit, l'imagination, les désirs, la vie, rajoutant chacun des éléments qui le rendront unique. Voir un rêve évoluer, grandir, prendre de l'ampleur, avant qu'il ne devienne omniprésent... C'est comme voir à l'avance le bonheur arriver... Une voyance imaginaire. En somme, nous avons tous des dons : l'imagination est un cadeau fait à l'homme, car même s'il ne vole pas, elle lui permet de faire beaucoup plus qu'il ne pouvait espérer.

Alors va ma muse, vole, même si tu dois disparaître... Tu reviendras, peut-être avec un autre visage, mais tu resteras ma source d'inspiration éternelle. Tellement différente, tellement multiple, et si tu étais unique au contraire... Chaque visage, chaque désir, ne correspond-il pas à une seule et même entité ? Je trouve que le visage de l'Amour te convient parfaitement... L'Amour, qui dès qu'on le chasse revient au galop, l'Amour toujours présent, et source de tout... L'Amour, l'harmonie, la joie, sentiments de mon pays des rêves... Il me tarde de te voir choisir, et qu'enfin je puisse te rejoindre. Pour le moment, je rêve... en attendant de vivre, avec toi, qui que tu sois...

Folle ronde...

Encore des visions, toujours ces mêmes rêves qui m'obsèdent... La vie poursuit son cours, tranquillement, sans que je m'y oppose. Pourtant, mon esprit la défie ! Il va de long en large, et survole le plus de choses qu'il peut... Etre plus haut que tout, échapper aux lois humaines pour transcender la vie et atteindre l'éternité. Le plus important à vivre, c'est le temps qu'on ne vit pas, celui qu'on ne vivra jamais... Le paradis inaccessible et à jamais désiré. Poussé par les plus fortes passions, comme un ouragan dévastateur, je vogue sur la mer déchaînée de l'Univers et cherche en vain ce qui pourrait calmer la tempête. Idéaliste et rêveur, hors du temps, comment concilier les deux... La moindre petite parcelle de bonheur me fait décoller. L'infini s'ouvre devant moi et j'y plonge avec avidité... L'amitié me fait cet effet en ce moment. Un sourire, un peu de tendresse, et mon esprit s'affole... La vie devient trouble, je ne distingue plus rien, mais ce bonheur est intense. Il me fait perdre toute notion du temps, j'ai l'impression que tout défile autour de moi, dans un ballet infernal, et qu'à la fois, l'aiguille de l'horloge est suspendue dans sa folle ronde. Je rencontre des vertus inattendues, jamais décelées auparavant, qui donnent naissance à des sentiments contradictoires et perturbants... Mais cette euphorie passagère est si motivante, si agréable, que quelles qu'en soient les conséquences, je la goûte avec plaisir et avec envie....

Muse...

Ô toi ma muse dont le sourire m'enchante,
Synonyme d'un désir qui me tourmente,
Tu fais partie de chacune de mes nuits,
Et mes pensées parcourent l'infini.

Le soleil tout au long de la journée,
Ne cesse d'illuminer ta beauté.
Mon cœur ne demande qu'à être guéri,
Puisse être grâce à toi ma tendre amie.

La lune prend la forme de ton visage,
Afin d'éclairer tous les voyageurs,
Qui comme moi recherchent le bonheur.

Tu me fais faire un long et grand voyage,
Dans le monde des plus fortes passions.
Mais si tout ceci n'était qu'illusion ?

Une journée...

Un ciel noir, une vie sombre. Puis une lueur éclatante qui réchauffe le cœur : un sourire... Le soleil se lève sur la ville, et le monde s'éveille en douceur. Chacun commence ses activités quotidiennes. Et cet homme fait de même. Il est semblable, rien ne le distingue des autres. Pourtant il est différent, sa journée ne ressemblera à aucune autre, car ce sera la dernière et il le sait...Cruelle malédiction, destinée brisée.

Le ciel est bleu, le vent est doux, c'est une belle journée d'été qui commence. Il marche dans les rues, et regarde... Il remplit ses yeux de toutes les images possibles : insolites, belles, attachantes. Tandis que chacun va travailler, lui avance, et vit. Il n'a jamais eu autant l'impression de vivre qu'aujourd'hui... Il a décidé d'être heureux. Les oiseaux chantent dans les arbres, et une gaîté soudaine emplit son cœur. Il a envie de sourire, un grand sourire qui illuminera son visage. Les heures passent, pourtant il n'a pas peur, ne pleure pas, et vit naturellement. Ni excès, ni réserve, une journée simple et belle... Ni passé, ni futur, se consacrer au présent, et savoir apprécier la vie à sa juste valeur. Pourtant, il a un regret : il n'a pas connu l'Amour... Et c'est la seule chose qui pourrait le rendre triste aujourd'hui.

Le soleil est haut dans le ciel, à demi caché par un gros nuage. Il s'est assis sur un banc dans un parc. Des gamins s'amusent sur des jeux, d'autres donnent du pain aux oiseaux... Scènes de la vie courante, mais qui lui font beaucoup de bien. Il n'a pas pris le temps de se reposer pour admirer la vie... Ces enfants lui rappellent qu'il n'a pas eu la chance, le bonheur d'être père. Lui, qui désirait plus que tout avoir une famille, n'en a pas eu l'occasion. Il a la fibre paternelle, possède une douceur, une patience, et une affection exceptionnelles qui feraient de lui un bon père. Mais ce ne fut pas le cas...

Alors qu'il est dans ses pensées, une femme sort de chez elle, et se met en marche. Elle traverse la ville d'un pas souple et léger. Elle est jeune, ravissante, attirante... Sa belle robe blanche contraste avec le noir de ses longs cheveux. Poussée par l'enthousiasme créé par cette belle journée, elle se balade allégrement, et arrive finalement dans un parc... Une détonation le réveille. L'orage arrive, le soleil a cédé la place au vent, et il fait beaucoup plus sombre. La fin de la journée approche... Tout le monde rentre vite chez lui avant que l'averse ne commence. Il choisit de profiter aussi de ce moment, et reste. Scrutant le ciel, il ne remarque pas la jeune femme assise sur le banc d'à côté. Elle s'approche de lui, et lui demande finalement s'il ne préfère pas plutôt rentrer avant de se faire tremper. Un choc ! Son cœur manque d'exploser, sa gorge se noue, sa tête tourne... et c'est le banc derrière lui qui l'empêche de tomber. Jamais il n'avait vu d'aussi jolie jeune femme ! Il est sous le charme...

Aucun mot ne vient troubler cet étrange silence. Echange de regards, sourires en coin, seul le bruit de la fontaine toute proche crée une ambiance si particulière. Toujours sans parler, il lui prend la main, et la serre dans la sienne. Elle s'approche alors de lui, et se blottit dans ses bras. Instants magiques, irréels, gravés à jamais dans son cœur et sa mémoire... L'orage bat son plein, et ils courent sous les trombes d'eau pour se mettre à l'abri. Ils vont chez elle. Ce sont les dix coups de l'église d'à côté qui lui rappellent la réalité... Cette journée, commencée si sereinement va se terminer par un profond déchirement ! Il refuse de parler... Animés d'un puissant désir, l'amour les bouscule, les emmène dans son monde merveilleux et ils se laissent aller à l'ivresse du plaisir...

Debout devant la fenêtre, il observe la folle course des voitures sur l'avenue, et les reflets des phares sur la chaussée humide, ce ciel chargé par les nuages donnent à ces quelques minutes, une atmosphère fantastique. C'est la fin... Il ferme les yeux, et revoit toutes les images de cette dernière journée, la plus belle de toute... La vie est un cadeau, qu'il faut savoir ouvrir délicatement pour ne rien gâcher, mais assez rapidement pour profiter de tout ce qu'elle contient ! Le premier coup de minuit résonne quand il sent deux bras l'enlacer affectueusement, et le serrer. Deux. Une larme coule sur sa joue. Trois. Elle prend sa main. Quatre. Puis elle dépose un délicat baiser dans son cou. Cinq. Il se retourne. Six. Une caresse. Sept. Ses yeux se r'ouvrent. Huit. Un sourire. Neuf. Un autre baiser. Dix. Une étreinte. Onze. Un éclair déchire le ciel. Douze... "Je t'aime". Ces deux mots ont retenti sur le dernier coup de cloche. La journée s'est achevée... Enchantement de l'être aimé, puissance des sentiments, miracle de l'Amour... Ses yeux sont toujours ouverts, et il trouve la force en lui-même, malgré l'incompréhension la plus totale, pour répondre "Moi aussi..." Ces deux mots avaient arrêté le temps, laissant cette journée suspendue à tout jamais... Depuis, l'éternité s'ouvre à lui, et rien ne pouvait plus l'empêcher de vivre heureux...

Inconstance de la vie, l'Amour plus fort que tout... Magie, et passion riment à jamais avec vie, et union.... Vivre pour rêver, et rêver pour vivre !