Ebloui. L'infini. Cette immensité qui semble s'offrir à mon regard. Montagnes de nuages, masses informes mais attirantes, je suis fasciné par ce que je vois à travers le hublot. C'est un autre monde, un univers digne des rêves, perdu entre l'éclat du soleil et le bleu profond de l'eau...
Le soleil frappe la surface et à cause des reflets, on la croirait blanche, lisse comme du métal, mais tachée un peu partout par les nuages présents dans le ciel. J'aimerais plonger dans ce paysage infini, voler avec la même liberté, le même sentiment de bien-être que dans mes rêves... Mais n'est-ce pas ce que je suis en train de faire, voler, et traverser ce paysage unique, merveilleux. Un gros morceau de coton passe en dessous de nous. Un virage... Vision sur la mer, ridée par quelques vagues. Je ferme les yeux et j'essaye de faire abstraction du bourdonnement perpétuel des moteurs : instant volé au temps, sensation éternelle et éphémère à la fois... En rouvrant les yeux, je regarde dehors : le soleil, reflété par le moteur de l'avion, m'aveugle l'espace d'une seconde...
En regardant derrière moi, là où les rayons ne frappent pas directement, la vue est plus "réelle" : mer bleue, une petite île et quelques bateaux dont le sillage laisse une trace blanche sur les flots.
Mais de l'autre côté, c'est vraiment irréel. Une immensité de lumière qui se perd au loin dans un océan de ténèbres.... Serait-ce une métaphore de la vie : merveilles, sensations, lumière avant le noir, éternellement... Sur ce point, j'émets un doute. Et puis, essayez d'avancer vers cette zone d'ombre, elle s'éloigne, il ne fait jamais nuit partout, toujours un endroit baigné de lumière, comme une éternelle touche d'espoir en la beauté de l'univers...